La plateforme de l’opposition Lamuka, par la voix de son porte-parole Prince Epenge, s’oppose fermement à toute initiative visant à modifier la Constitution en République démocratique du Congo, qu’elle considère comme une source potentielle d’instabilité politique.

Réagissant à l’appel lancé par l’Union sacrée en faveur d’une réforme constitutionnelle, Prince Epenge a dénoncé une démarche qu’il juge inopportune dans le contexte actuel du pays.

« Il n’y a aucune question que l’on puisse résoudre en changeant la Constitution. Le jour où ils oseront toucher à la Constitution, nous considérerons cela comme une rébellion contre l’ordre constitutionnel, et nous utiliserons tous les moyens constitutionnels pour barrer la route à Félix Tshisekedi. Il n’y aura pas de troisième mandat », a-t-il déclaré.

Selon le porte-parole de Lamuka, cette initiative intervient à un moment où le pays devrait plutôt privilégier l’unité nationale face aux défis sécuritaires et politiques.

« Alors que la nation a besoin de l’unité et de la cohésion, l’Union sacrée, à travers André Mbata, vient avec une proposition qui va déstabiliser le pays davantage », a-t-il ajouté.

Prince Epenge affirme également que cette idée de révision constitutionnelle n’est pas nouvelle et qu’elle avait déjà été évoquée par le passé avant d’être mise en veille face à l’évolution de la situation sécuritaire dans l’Est du pays.

« Il y a deux ans, ce type de proposition était sur la table. Avec la prise de Goma, l’Union sacrée s’était refroidie », a-t-il rappelé, estimant que les priorités actuelles devraient être centrées sur la sécurité et la stabilité sociale.

Dans la même logique, Lamuka réaffirme son opposition à toute tentative de prolongation du pouvoir au-delà des dispositions constitutionnelles actuelles. Le porte-parole de la plateforme a ainsi appelé le chef de l’État à se préparer à respecter l’échéance constitutionnelle prévue.

« Félix Tshisekedi doit se préparer d’ici 2028 à aller siéger au Sénat », a-t-il insisté, faisant allusion à la limitation constitutionnelle du nombre de mandats présidentiels.

Cette réaction intervient alors que le camp présidentiel maintient le cap sur le processus de réforme constitutionnelle. Dans un communiqué publié le lundi 20 avril 2026, le Secrétariat permanent de l’Union sacrée de la Nation a invité les forces politiques et sociales à soumettre leurs propositions de réforme de la Constitution du 18 février 2006 au plus tard le 20 mai 2026.

Signé par le professeur André Mbata, secrétaire permanent et porte-parole de l’Union sacrée, ce document présente cette démarche comme inclusive, appelant partis politiques, organisations sociales, confessions religieuses, universitaires et citoyens à contribuer aux réflexions sur l’évolution du texte fondamental. Une commission technique est annoncée pour examiner les contributions et transmettre un rapport final au président de la République.

Alors que le débat autour de la réforme constitutionnelle continue de susciter des positions divergentes au sein de la classe politique congolaise, la réaction de Lamuka illustre la montée des tensions autour d’un dossier qui pourrait s’imposer comme l’un des principaux enjeux politiques à l’approche des échéances électorales de 2028.

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