À la veille de la journée « ville morte » annoncée pour ce 3 juin à travers la République démocratique du Congo, la coalition C64, regroupant plusieurs forces politiques de l’opposition, maintient sa mobilisation contre le projet de révision constitutionnelle. Dans ce contexte, l’opposant Moïse Katumbi a tenu à relayer et encourager cette initiative déjà lancée par la coalition, appelant la population à observer massivement cette journée de protestation pacifique.
Loin de se présenter comme l’initiateur de cette action, Moïse Katumbi s’inscrit dans une dynamique collective portée par la C64. Son message vise principalement à renforcer l’impact de cette mobilisation déjà annoncée, en incitant les Congolais à rester chez eux afin d’exprimer leur rejet du projet de changement de la Constitution.
Dans son intervention, il s’adresse directement à la population en ces termes :
« Mamans, papas, mes jeunes frères, nous refusons ce projet de changement de la Constitution. Le 3 juin, nous devons tous rester à la maison. C’est une journée ville morte. Il faut montrer réellement que partout où ils sont, ils sont dans le mensonge et la mauvaise gouvernance. »
Une mobilisation pour « montrer au monde la souffrance des Congolais »
Pour Moïse Katumbi, cette journée ne se limite pas à une simple action politique. Elle doit, selon lui, permettre de faire entendre la voix des citoyens congolais sur la scène internationale et de dénoncer une situation sociale jugée préoccupante.
Il estime que la population vit une situation difficile depuis plusieurs années et que cette réalité doit être reconnue au-delà des frontières du pays.
« Il faut que la face du monde sache que la souffrance a dépassé les limites et que la population congolaise rejette ces projets », a-t-il déclaré.
À travers ce message, l’opposant insiste sur la nécessité de transformer cette journée en un signal fort adressé aux autorités, mais aussi à la communauté internationale, sur le malaise social et politique ressenti dans le pays.
Un discours offensif sur la gouvernance actuelle
Dans la continuité de son intervention, Moïse Katumbi a également critiqué la gestion du pouvoir en place, estimant que les promesses faites aux Congolais n’ont pas été suivies d’effets concrets.
Selon lui, la situation actuelle est marquée par une accumulation de promesses non tenues et une détérioration persistante des conditions de vie.
« Depuis huit ans, ce sont des promesses après des promesses », a-t-il lancé.
L’opposant considère que les dirigeants actuels approchent de la fin de leur cycle politique et devront rendre compte de leur gestion devant la population.
« Le temps de partir approche. Dans deux ans, ils devront faire leurs valises et s’en aller parce qu’ils font souffrir sérieusement notre population », a-t-il ajouté.
Réaction aux accusations de soutien étranger
Moïse Katumbi a également tenu à répondre à certaines affirmations selon lesquelles la révision constitutionnelle serait encouragée par des partenaires internationaux, notamment les États-Unis.
Il rejette catégoriquement ces allégations qu’il qualifie de fausses informations destinées à influencer l’opinion publique.
« Ils mentent lorsqu’ils disent que les Américains ont demandé le changement de la Constitution. C’est faux. Qu’ils nous disent quel responsable américain a tenu de tels propos », a-t-il affirmé.
Pour lui, aucun élément concret ne vient étayer ces accusations, qui relèveraient plutôt de la manipulation politique.
Un appel au calme adressé aux forces de sécurité
Dans une partie plus sensible de son message, Moïse Katumbi s’est adressé aux policiers et militaires, leur demandant de ne pas recourir à la répression contre les citoyens lors de cette journée de mobilisation.
Il a rappelé que leur mission principale est la protection de la population et non sa répression.
« Je dis aux policiers et aux militaires qu’il ne faut pas réprimer la population. Si vous réprimez la population, cela vous fera du tort. La police et l’armée ont pour mission de protéger la population », a-t-il souligné.
Cet appel intervient dans un climat politique tendu, où plusieurs acteurs redoutent des débordements lors de la journée ville morte annoncée.
La C64 en ordre de mobilisation
Avec cette prise de position, Moïse Katumbi confirme son alignement sur la stratégie de la coalition C64, qui appelle à une journée de paralysie générale pour protester contre le projet de révision constitutionnelle.
L’opposition entend ainsi faire du 3 juin une démonstration de force politique, destinée à exprimer son rejet du projet et à interpeller les autorités sur la gouvernance du pays.
Reste désormais à savoir si cet appel relayé par les principales figures de l’opposition sera suivi massivement à travers le pays, dans un contexte où les tensions politiques restent particulièrement élevées.
