L’attaque attribuée aux rebelles des ADF dans le quartier Ngadi, en ville de Beni, continue de susciter des inquiétudes sur l’efficacité des opérations conjointes menées par les FARDC et l’UPDF dans la région. Alors que ces opérations visent à neutraliser les groupes armés actifs dans la zone, le bilan humain de cette nouvelle incursion est particulièrement lourd.
Survenue dans la nuit du 30 au 31 mai, l’attaque a visé des civils dans le quartier Ngadi, situé dans la commune de Ruwenzori. Les assaillants ont surpris les habitants, provoquant la mort de plusieurs personnes et semant la panique au sein de la population.
Selon le commissaire supérieur Rémy Masashi, le bilan provisoire est passé de 14 à 21 morts. « Les vérifications effectuées sur le terrain ont permis d’établir un bilan de 21 personnes tuées. Les recherches se poursuivent afin de déterminer l’ampleur exacte des dégâts causés par cette attaque », a-t-il indiqué.
Face à cette situation, le bourgmestre de la commune de Ruwenzori a recommandé la suspension temporaire des activités champêtres. Cette mesure vise à limiter les risques pour les habitants qui fréquentent quotidiennement les zones agricoles situées à proximité des espaces considérés comme sensibles.
« Nous demandons à la population de suspendre momentanément les activités champêtres. Cette décision est motivée par des impératifs sécuritaires et restera en vigueur jusqu’à ce que la situation soit mieux maîtrisée », a déclaré l’autorité communale, relayée par Radio Moto Beni.
Le bourgmestre a également insisté sur la nécessité d’une collaboration active entre la population et les services de sécurité. « La vigilance de chacun est indispensable. Tout mouvement suspect doit être signalé rapidement afin de permettre une intervention appropriée des forces de sécurité », a-t-il ajouté.
Cette nouvelle attaque intervient alors que les opérations conjointes FARDC-UPDF se poursuivent dans la région de Beni. Depuis leur lancement, plusieurs bases des ADF ont été démantelées et des combattants neutralisés. Toutefois, les attaques répétées contre les civils montrent que la menace reste présente.
Pour plusieurs habitants de Beni, le massacre de Ngadi met en lumière les difficultés persistantes à empêcher les incursions rebelles malgré les offensives militaires. Certains acteurs de la société civile estiment que les dispositifs de renseignement et d’alerte précoce doivent être davantage renforcés pour protéger efficacement les populations.
Au-delà du drame humain, la suspension des activités champêtres risque d’avoir des conséquences économiques importantes. De nombreuses familles dépendent de l’agriculture pour leur subsistance et pourraient voir leurs revenus diminuer si cette mesure devait se prolonger.
Alors que les forces de sécurité poursuivent la traque des ADF, les habitants de Beni attendent des résultats concrets capables de restaurer leur confiance. Pour les populations meurtries par des années de violences, la sécurité demeure la principale attente, afin que des tragédies comme celle de Ngadi ne se reproduisent plus.
