Le ton se durcit davantage contre le pouvoir de Félix Tshisekedi. En déplacement à Bruxelles ce mercredi 27 mai 2026, le président du FDA et cofondateur de la plateforme Sauvons la RDC, Albert Mukulubundu, a rencontré le président du PTB belge, le député Raoul Hedebouw, au siège du Parlement fédéral belge. Une réunion à forte portée politique, dans un contexte de tensions croissantes autour de la crise congolaise.
Au centre des échanges, la dégradation sécuritaire dans l’Est de la RDC, la crise socio-économique, mais surtout les accusations visant le régime Tshisekedi concernant une possible dérive autoritaire et un passage en force autour d’un éventuel troisième mandat présidentiel.
Selon Albert Mukulubundu, les tensions actuelles risquent de déboucher sur une « généralisation des violences » si le pouvoir continue d’ignorer les inquiétudes d’une partie de la classe politique et de la société civile. L’opposant estime que les débats récents autour du référendum et de la Constitution alimentent déjà un climat de forte méfiance dans le pays.
La question des sanctions américaines visant Joseph Kabila a également occupé une place importante dans les discussions. Pour les responsables de Sauvons la RDC, les mesures prises par le Trésor américain contre l’ancien président congolais seraient « injustes » et participeraient à une logique de pression politique internationale sélective.
Les deux responsables ont aussi évoqué plusieurs dossiers sensibles : le controversé deal minier, le dossier des migrants, ainsi que les arrestations de figures proches de l’opposition comme Aubin Minaku et Emmanuel Ramazani Shadary. Les cas de Parole Kamizelo, Nathanaël Onokomba et Dunia ont également été cités parmi les exemples de ce que les opposants qualifient de « détentions arbitraires » dans des lieux tenus secrets par le régime.
Autre sujet majeur, l’échec des différentes initiatives de paix dans l’Est du pays. Selon les participants à la rencontre, les cessez-le-feu conclus entre le gouvernement congolais et l’AFC/M23 restent fragiles à cause du non-respect des engagements pris par les différentes parties. Les critiques visent aussi le refus présumé du pouvoir de s’inscrire pleinement dans la dynamique de dialogue portée par la Cenco et l’ECC.
Dans ce contexte explosif, l’opposition tente désormais d’internationaliser davantage le débat congolais en multipliant les relais politiques en Europe.
Le choix de Raoul Hedebouw n’est pas anodin. Le président du PTB connaît bien la RDC pour y avoir vécu près de deux ans. Depuis plusieurs années, il suit de près les évolutions politiques congolaises et les rapports entre Kinshasa, les puissances occidentales et les acteurs économiques internationaux.

À Bruxelles, cette rencontre apparaît comme un nouveau signal de la montée des tensions politiques autour du pouvoir de Félix Tshisekedi. Entre soupçons de révision constitutionnelle, guerre persistante dans l’Est et accusations de répression contre l’opposition, le climat politique congolais continue de se radicaliser dangereusement.
