Dans une interview très commentée accordée au New York Times, l’ancien président de la République démocratique du Congo, Joseph Kabila, a répondu point par point aux critiques et aux accusations politiques qui pèsent sur lui alors que la crise politico‑militaire secoue le pays.
L’entretien intervient dans un contexte de fortes tensions en RDC, marqué par une offensive du groupe rebelle du M23 dans l’est du pays et des accusations réciproques entre dirigeants politiques. La presse congolaise et internationale a souligné que les autorités actuelles accusent Kabila d’avoir des liens avec des mouvements insurgés, une affirmation que son camp rejette fermement.
« Les accusations sont infondées »
Durant l’entretien, Kabila a contesté de manière claire les allégations selon lesquelles il serait impliqué dans l’organisation ou le soutien des groupes armés actifs dans l’est de la RDC. Il a qualifié ces accusations de « totalement infondées », soulignant que les relier à ces mouvements ne repose sur aucune preuve solide.
Plutôt que de nier de façon abstraite, il a pris soin de démontrer qu’aucune chaîne de responsabilités concrète n’a été présentée publiquement liant son nom à des actions militaires ou opérationnelles de ces groupes. Cette position fait écho aux déclarations précédentes de ses proches, qui ont dénoncé les accusations formulées par le gouvernement comme politiquement motivées.
Ces accusations ont d’ailleurs conduit la Haute Cour militaire à engager des poursuites contre Kabila pour haute trahison, crimes de guerre et crimes contre l’humanité, après la levée de son immunité parlementaire par le Sénat et la suspension de son parti politique.
Critique de Félix Tshisekedi et des institutions
L’entretien a été l’occasion pour Kabila de formuler des critiques sévères à l’égard du président Félix Tshisekedi et de sa gestion de la crise nationale. Il a estimé que le régime en place manque de légitimité démocratique et politique, un jugement qui reflète la profonde division qui traverse l’arène politique congolaise.
Alors que certains acteurs de l’opposition estiment que le pouvoir actuel reflète une incapacité à gérer les défis sécuritaires et institutionnels du pays, Kabila a utilisé l’espace médiatique pour renforcer cette idée en insistant sur le fait que le paysage politique congolais est dominé par des appellations politiques et des accusations plus stratégiques que factuelles.
Une vie retirée dans la discrétion
Sur un ton plus personnel, l’ancien chef de l’État a livré une image de lui‑même qui tranche avec les débats politiques qui l’entourent : il a décrit sa vie depuis son retrait officiel de la présidence comme extrêmement discrète. Selon ses mots, « j’ai l’impression de vivre dans une grotte depuis longtemps », évoquant avec humour son isolement volontaire loin des projecteurs de la capitale politique. Cette métaphore, qu’il a reprise lors de l’interview à Goma, en dit long sur son état d’esprit face à la pression médiatique et aux controverses politiques actuelles
