Une importante mobilisation de la diaspora congolaise se tient ce vendredi 15 mai 2026 à Bruxelles, où plusieurs organisations dénoncent la situation sécuritaire et politique en République démocratique du Congo. Organisée devant les institutions de l’Union européenne, la manifestation rassemble des centaines de participants venus interpeller la communauté internationale sur les violences dans l’est du pays, les accusations de discours de haine et la gouvernance du régime du président Félix Tshisekedi.
Dès les premières heures de la journée, une foule compacte envahit le quartier européen de Bruxelles. Des drapeaux congolais flottent au-dessus des manifestants tandis que des slogans hostiles au pouvoir de Kinshasa résonnent dans les rues de la capitale belge. Certains participants scandent notamment : « Tshisekedi tribaliste, Tshisekedi génocidaire », exprimant leur colère face aux violences qui touchent plusieurs communautés dans l’est de la RDC.
Les organisateurs présentent cette mobilisation comme un rassemblement pacifique destiné à dénoncer ce qu’ils qualifient de « dérive autoritaire » du pouvoir congolais. Plusieurs intervenants accusent le régime de nourrir des divisions ethniques et d’entretenir des discours de haine visant certaines communautés, notamment les Banyamulenge.
« Nous sommes ici pour dire non aux discours de haine entretenus par le pouvoir de Tshisekedi et dénoncer la dérive dictatoriale du régime », déclare Jean-Pierre, l’un des participants à la manifestation.
D’autres voix s’élèvent également pour dénoncer les violences dans les Hauts-Plateaux de Minembwe. Une manifestante congolaise interpelle directement le chef de l’État congolais : « Batela bana nyonso, parce que oza papa », une phrase en lingala signifiant : « Protège tous les enfants, parce que tu es le père de la nation ».
Dans la foule, l’émotion est palpable. Plusieurs participants évoquent des proches déplacés ou victimes des affrontements dans l’est du pays. Les manifestants dénoncent aussi les arrestations arbitraires visant des opposants politiques, ainsi que la corruption et certains accords économiques attribués au régime en place.
« Seule la lutte libère. Peuple congolais, telema ! Non aux massacres, non aux souffrances des Congolais. Félix Tshisekedi dégage, tu ne toucheras pas à la Constitution », lance une Congolaise de la diaspora sous les applaudissements de la foule.
Après la manifestation, les organisateurs poursuivent leur mobilisation avec une conférence de presse organisée dans une salle de Bruxelles affichant complet. Selon plusieurs participants, de nombreuses personnes restent à l’extérieur faute de place. Des représentants associatifs, militants et membres de la diaspora prennent successivement la parole pour dénoncer la situation humanitaire et sécuritaire dans l’est de la RDC.
L’un des moments les plus marquants de cette conférence intervient lors de la projection d’images montrant des massacres visant des membres de la communauté banyamulenge. Dans la salle, plusieurs personnes éclatent en sanglots tandis qu’un silence pesant s’installe parmi les participants.
Les intervenants affirment que les discours de haine relayés contre certaines communautés proviennent de personnalités proches du pouvoir congolais. Ils citent notamment certains membres des FARDC, des communicateurs et des acteurs politiques accusés d’alimenter les tensions ethniques.
« Nous sommes ici pour dire non à la stratégie de terre brûlée de Monsieur Tshilombo, qui s’abreuve du sang congolais pour tenter de s’éterniser illégalement dans une RDC déjà exsangue », déclare Abraham de Mashariki Plus lors de son intervention.
À travers cette mobilisation, les organisateurs disent vouloir attirer l’attention des institutions européennes et des organisations internationales sur la situation dans l’est de la RDC. Ils appellent également à une protection accrue des populations civiles et à la fin des violences visant les différentes communautés affectées par le conflit.
