Le ton est grave, presque solennel. Dans une déclaration à forte portée politique, Moïse Katumbi est monté au créneau pour dénoncer toute tentative de modification de la Constitution en République démocratique du Congo.
Face à un débat qui refait surface avec insistance, l’opposant adopte une ligne ferme : “nous n’accepterons jamais”.
Une ligne rouge assumée
Pour l’ancien gouverneur du Katanga, la Constitution constitue un verrou démocratique qu’il juge essentiel de préserver. Toute révision, dans le contexte actuel, serait non seulement inopportune mais potentiellement déstabilisatrice.
Dans son intervention, Katumbi appelle la population à rester vigilante et à rejeter toute initiative allant dans ce sens. Il invoque notamment l’Article 64 de la Constitution congolaise, présenté comme un rempart face à toute dérive institutionnelle.
La gouvernance au cœur des critiques
Au-delà du débat constitutionnel, c’est bien la gestion du pays qui est visée.
Moïse Katumbi insiste : les difficultés que traverse la RDC — pauvreté persistante, manque d’infrastructures, chômage, crise sociale — ne relèvent pas de la Constitution, mais d’un déficit de gouvernance.
En creux, il accuse les dirigeants de chercher dans une réforme institutionnelle une échappatoire à leurs responsabilités. Une stratégie qu’il dénonce comme dangereuse pour la stabilité du pays.
Tension au pays
Cette prise de position intervient dans un contexte marqué par :
• la persistance du conflit dans l’Est
• les contestations autour du processus électoral
• une situation socio-économique préoccupante
Autant de facteurs qui rendent, selon Katumbi, toute réforme constitutionnelle particulièrement risquée.
L’appel à un dialogue inclusif
Plutôt qu’une révision des textes, l’opposant plaide pour un dialogue inclusif réunissant les forces politiques et sociales du pays, avec l’appui de partenaires internationaux.
Objectif : apaiser les tensions et trouver des solutions durables à la crise congolaise.
Un avertissement direct au président
Mais c’est surtout le message adressé au chef de l’État qui retient l’attention.
Rappelant les combats passés menés ensemble contre les révisions constitutionnelles, Moïse Katumbi met en garde :
toute initiative venant du sommet de l’État serait perçue comme une rupture majeure, voire une trahison.
Une déclaration lourde de sens, qui illustre la crispation croissante autour de la question constitutionnelle.
Une bataille politique relancée
Avec cette sortie, Moïse Katumbi relance frontalement le débat et se positionne comme l’un des principaux défenseurs du statu quo constitutionnel.
Reste à savoir si cet appel trouvera un écho suffisant dans l’opinion, dans un pays où la question des institutions reste intimement liée aux équilibres du pouvoir.
