L’opposant Martin Fayulu est monté au créneau pour interpeller directement le président Félix Tshisekedi sur la question sensible de l’accueil de migrants en République démocratique du Congo.

Dans un message publié sur son compte X, le leader de l’opposition a exprimé son inquiétude face aux rumeurs persistantes autour d’un possible accueil de migrants afghans par Kinshasa, malgré la controverse née après l’arrivée récente des premiers migrants refoulés des États-Unis.

« Après le tollé suscité par l’arrivée des 15 premiers migrants refoulés des États-Unis, si Monsieur Félix Tshisekedi a réellement accepté d’accueillir en RDC des migrants afghans, il faut le dire clairement : cela s’apparente à un acte de sabotage contre notre pays. »

À travers cette déclaration, Martin Fayulu dit craindre que, malgré la contestation populaire, les décisions se poursuivent sans tenir compte des inquiétudes exprimées dans l’opinion, une situation que certains assimilent à l’image d’« un chien qui aboie pendant que la caravane passe ».

Cette sortie intervient quelques jours seulement après l’arrivée à Kinshasa d’un premier groupe d’environ 15 migrants refoulés des États-Unis, originaires notamment d’Amérique latine.

Ces personnes ont été transférées en RDC dans le cadre d’un accord conclu entre Kinshasa et Washington, avec l’appui logistique d’organismes internationaux chargés de leur assistance humanitaire.

Selon les autorités congolaises, cet accueil est présenté comme temporaire, le temps de trouver une autre destination pour ces migrants.

Mais cette première arrivée avait déjà provoqué un vif débat dans le pays, plusieurs voix dénonçant un manque de transparence autour des modalités exactes de cet accord.

La réaction de Martin Fayulu intervient aussi dans un contexte marqué par des informations relayées par plusieurs médias internationaux évoquant des discussions en cours autour d’un possible transfert de migrants afghans vers la RDC.

Selon ces informations, plus de 1 100 migrants afghans, actuellement bloqués au Qatar, pourraient être redirigés vers un pays tiers, la RDC étant citée parmi les options envisagées.

Ces personnes seraient pour la plupart d’anciens collaborateurs des forces américaines ou des membres de leurs familles, restés dans l’attente d’une solution après la suspension de certains programmes d’accueil aux États-Unis.

Pour l’heure, aucune confirmation officielle n’a été donnée sur une décision définitive concernant leur éventuelle arrivée en RDC, mais l’information continue d’alimenter les débats politiques et sociaux.

En prenant position publiquement, Martin Fayulu ne se contente pas de critiquer un projet éventuel : il cherche surtout à pousser les autorités à clarifier leur position devant l’opinion nationale.

Son message traduit une inquiétude politique plus large : celle de voir la RDC s’engager dans des accords migratoires controversés alors que le pays fait déjà face à ses propres défis sécuritaires et humanitaires.

Dans ce contexte, la question de l’accueil de migrants étrangers, qu’il s’agisse des premiers refoulés d’Amérique latine ou d’un éventuel contingent d’Afghans, s’impose progressivement comme un sujet politique sensible susceptible de raviver les tensions entre pouvoir et opposition.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *