Le président colombien Gustavo Petro a vivement réagi à la déportation de ressortissants colombiens et latino-américains vers la République démocratique du Congo (RDC), une destination inhabituelle dans le cadre des expulsions organisées par les États-Unis.

Dans un message publié sur le réseau social X, le chef de l’État colombien a dénoncé une situation qu’il qualifie d’« ostracisme » et a exigé le retour immédiat de ses compatriotes.

Selon les éléments rapportés par les médias, Petro a ordonné à son ministre des Affaires étrangères de prendre toutes les mesures nécessaires pour organiser leur rapatriement « sans chaînes », insistant sur la dignité humaine des migrants.

« Un migrant n’est pas un criminel et doit être traité avec dignité », rappelle-t-il régulièrement dans ses positions publiques sur les expulsions.

Une expulsion vers la RDC qui suscite la polémique

L’affaire concerne un groupe d’environ 15 migrants latino-américains, dont des Colombiens, expulsés depuis les États-Unis vers la RDC dans le cadre d’un accord migratoire controversé entre Washington et certains pays tiers.

Selon El País, ces personnes avaient initialement quitté leur pays pour fuir des menaces, violences ou situations d’insécurité, et avaient pour certaines obtenu des protections légales aux États-Unis avant leur expulsion.

Arrivés à Kinshasa, ils décrivent des conditions difficiles durant leur transfert et se retrouvent actuellement dans une situation d’attente, encadrés notamment par l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), qui leur fournit une assistance humanitaire.

Credit photo: @elpais_america

Les migrants entre inquiétude et espoir de retour

Les personnes concernées, dont des migrants identifiés comme Cubillos et Rodelo, affirment que leur départ de Colombie était motivé par des menaces dans leur pays d’origine.

Cependant, face à leur expulsion vers la RDC, ils envisagent désormais le retour comme une option de survie plus réaliste, malgré les risques qu’ils avaient initialement fui.

Selon leurs témoignages relayés par la presse, ils se disent surpris de se retrouver en Afrique centrale dans un contexte totalement inattendu.

Une prise de position ferme de Gustavo Petro

Dans ses communications sur X, le président colombien insiste sur plusieurs points : refus du traitement des migrants comme des criminels, exigence d’un rapatriement rapide
protection diplomatique des ressortissants colombiens et critique des expulsions vers des pays tiers hors des circuits habituels.

Cette position s’inscrit dans la continuité de ses précédentes tensions diplomatiques avec les États-Unis sur les questions migratoires, notamment lorsqu’il avait déjà contesté l’usage d’avions militaires pour les expulsions.

Contexte : une politique migratoire américaine de plus en plus externalisée

L’expulsion de migrants vers la RDC s’inscrit dans une dynamique plus large de sous-traitance des politiques migratoires américaines vers des pays tiers.

Plusieurs observateurs estiment que ce type d’accord crée des situations juridiquement et humanitairement complexes, notamment lorsque les pays d’accueil ne sont pas les pays d’origine des migrants.

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