À Kinshasa, l’ouverture ce mardi 21avril du procès de l’ancien coordonnateur du Fonds de réparation et d’indemnisation des victimes des agressions de la guerre de six jours marque bien plus qu’une simple affaire judiciaire : elle relance le débat sur la gestion des fonds publics dédiés aux victimes de guerre en République démocratique du Congo.
Devant la juridiction compétente, l’ex-responsable du mécanisme FRIVAO est poursuivi pour un présumé détournement de plusieurs millions de dollars, des ressources censées être entièrement consacrées à l’indemnisation des victimes de la Guerre de six jours.
Dès l’ouverture des débats, le ton a été donné : le tribunal cherche à reconstituer la chaîne complète de gestion des fonds, depuis leur allocation jusqu’à leur utilisation réelle. Plusieurs témoins ont été appelés, dont des représentants de la société Divo, dont les auditions sont attendues pour éclairer les circuits financiers au cœur des soupçons.
Au-delà des accusations personnelles, ce procès met surtout en lumière une question sensible : comment un mécanisme créé pour réparer les victimes d’un conflit meurtrier a-t-il pu être, selon les accusations, détourné de sa mission première ?
Les charges évoquent un usage présumé à des fins personnelles de fonds publics destinés à la réparation, un scénario qui, s’il est confirmé, fragiliserait la confiance déjà fragile dans les dispositifs d’indemnisation en RDC.
Pour l’instant, les débats restent en cours et aucune déclaration officielle détaillée de la défense ou des témoins n’a encore été rendue publique à ce stade des audiences.
Mais déjà, le procès FRIVAO dépasse le cadre judiciaire : il devient un test de crédibilité pour l’État congolais dans sa capacité à gérer, protéger et restituer les fonds destinés aux victimes des conflits armés.
