De violents combats ont repris ce lundi 20 avril, dans le territoire de Masisi, opposant les rebelles de l’AFC/M23 aux combattants Wazalendo, après plusieurs jours d’accalmie relative. Des détonations d’armes lourdes ont été signalées dans différentes localités, provoquant la panique parmi les populations civiles qui fuient vers Walikale, selon des sources locales.

Une accalmie de courte durée

Ces nouveaux affrontements interviennent alors qu’une accalmie fragile avait été observée ces derniers jours dans certaines zones situées à la limite entre Masisi et Walikale. Toutefois, la proximité des positions occupées par les deux camps laissait craindre une reprise rapide des hostilités.

Dès les premières heures de la matinée de ce lundi, des tirs nourris et des explosions d’armes lourdes ont été entendus dans plusieurs villages, plongeant les habitants dans une nouvelle situation de panique. Dans certaines localités, des familles ont quitté leurs habitations en urgence, abandonnant biens et récoltes pour chercher refuge dans des zones jugées plus sûres.

Nouveaux mouvements massifs de populations

Selon des acteurs locaux, ces combats ont entraîné de nouveaux déplacements massifs de populations civiles vers Walikale et d’autres localités environnantes.

Des témoins évoquent des colonnes de déplacés composées essentiellement de femmes, d’enfants et de personnes âgées, progressant à pied sur des routes secondaires ou à travers la brousse pour échapper aux combats. Dans plusieurs cas, les déplacés se réfugient dans des écoles, des lieux de culte ou auprès de familles d’accueil déjà fortement sollicitées.

Ces nouveaux mouvements viennent aggraver une situation humanitaire déjà préoccupante dans cette partie du Nord-Kivu, où de nombreuses communautés vivent depuis des mois dans des conditions précaires, dépendantes de l’aide humanitaire.

Une zone stratégique sous forte tension

Le territoire de Masisi demeure l’un des principaux foyers d’affrontements entre les rebelles de l’AFC/M23 et les groupes Wazalendo. Les combats se concentrent régulièrement sur des axes considérés comme stratégiques, notamment ceux reliant Masisi à Walikale.

Ces positions sont convoitées pour leur importance militaire et logistique, certains axes permettant le ravitaillement ou la projection rapide de forces vers d’autres zones du territoire.

Les affrontements observés ce lundi s’inscrivent ainsi dans une dynamique de lutte pour le contrôle territorial, chaque camp cherchant à consolider ou étendre son influence dans cette région instable.

Une insécurité persistante dans l’Est de la RDC

La reprise des combats à Masisi confirme la fragilité de la situation sécuritaire dans l’Est de la République démocratique du Congo, malgré les appels répétés au cessez-le-feu.

Depuis plusieurs mois, les populations civiles de Masisi et des territoires voisins vivent au rythme des offensives, des replis tactiques et des contre-attaques, entraînant des déplacements massifs et une détérioration continue des conditions de vie.

À ce stade, aucun bilan officiel des pertes humaines ou matérielles liées aux combats de ce lundi n’a encore été communiqué. Toutefois, des sources locales redoutent une aggravation rapide de la situation si les affrontements se poursuivent dans les prochaines heures.

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