Réunis les 8 et 9 août à Genève, des Congolais venus de plusieurs pays ont franchi une nouvelle étape dans la structuration de l’opposition en exil. À l’issue de deux journées de travaux, les participants ont adopté une Résolution de Genève et mis en place un Comité préparatoire international du Conseil mondial de la Diaspora patriotique congolaise, une nouvelle plateforme qui ambitionne de fédérer la diaspora autour d’un objectif commun : peser davantage dans l’avenir politique de la République démocratique du Congo.

L’initiative est portée par l’opposant Franck Diongo, qui présente cette nouvelle organisation comme un instrument de mobilisation politique destiné à transformer la diaspora congolaise en un acteur stratégique de la lutte pour le changement.

Dans une déclaration rendue publique à l’issue de la rencontre, l’ancien député estime que le temps de l’observation est révolu.

« Le temps de l’observation est terminé. Le temps de l’organisation et de l’action a commencé »,

affirme-t-il,

donnant le ton d’un appel à la mobilisation adressé aux Congolais établis à l’étranger.

Pour Franck Diongo, la diaspora ne peut plus se limiter à un rôle de soutien moral ou financier. Elle doit désormais s’organiser afin d’influencer les rapports de force politiques et diplomatiques autour de la RDC.

« Notre objectif est clair et pleinement assumé : rassembler, organiser et mobiliser la diaspora congolaise pour en faire une véritable force stratégique au service du changement, de la souveraineté nationale et de la libération du Congo »,

souligne-t-il.

Cette démarche intervient dans un contexte politique marqué par de fortes tensions autour du dialogue national annoncé par le président Félix Tshisekedi, de la dégradation persistante de la situation sécuritaire dans l’est du pays et des critiques formulées par une partie de l’opposition contre la gouvernance actuelle.

À travers cette nouvelle structure, Franck Diongo entend fédérer les compétences, les réseaux et l’influence de la diaspora congolaise afin de soutenir ce qu’il présente comme un combat pour la restauration de l’État de droit.

« La diaspora ne sera plus une simple spectatrice du drame congolais. Elle doit peser, s’organiser et agir »,

affirme-t-il.

Le texte adopté à Genève insiste sur plusieurs priorités : la défense de la Constitution, la préservation de la souveraineté nationale, la mobilisation des compétences de la diaspora et la reconquête de ce que les initiateurs considèrent comme les libertés fondamentales du peuple congolais.

Dans sa déclaration, Franck Diongo ne cache pas son ambition de faire de cette plateforme un levier de mobilisation internationale.

« Nous entendons mobiliser nos compétences, notre influence internationale et toutes les forces patriotiques disponibles pour mettre fin à la dictature et à la tyrannie, défendre la Constitution de la République démocratique du Congo, préserver notre souveraineté nationale et rendre au peuple congolais la maîtrise de son destin »,

déclare-t-il.

Ce vocabulaire traduit le positionnement résolument hostile de l’opposant au pouvoir en place. Depuis plusieurs mois, Franck Diongo multiplie les appels à une convergence des forces d’opposition, estimant que la diaspora constitue un acteur incontournable dans toute stratégie de changement politique en RDC.

L’adoption de la Résolution de Genève marque, selon les organisateurs, le point de départ d’une nouvelle dynamique.

« Genève marque le début d’une nouvelle phase : celle de l’organisation, de la mobilisation et de la résistance politique »,

affirme encore Franck Diongo.

Le choix de Genève n’est pas anodin. La ville suisse accueille régulièrement des rencontres diplomatiques et des organisations internationales, offrant à la diaspora congolaise un espace privilégié pour porter ses revendications sur la scène internationale.

Le Comité préparatoire international mis en place aura désormais pour mission de définir l’architecture du futur Conseil mondial de la Diaspora patriotique congolaise, d’élargir sa représentation à d’autres communautés congolaises établies à travers le monde et de préparer les prochaines étapes de son déploiement.

En conclusion de son message, Franck Diongo réaffirme la détermination de son mouvement à poursuivre ce qu’il qualifie de combat pour la libération nationale.

« Aucun renoncement. Aucune résignation. Aucun recul dans la défense de la Constitution, de la souveraineté nationale et de la liberté du peuple congolais »,martèle-t-il , avant de conclure : « Le Congo doit être libre. Le peuple congolais doit être souverain. La diaspora patriotique congolaise prendra toute sa part dans ce combat pour la libération nationale. »

Avec cette initiative, une partie de la diaspora congolaise entend désormais passer d’un rôle d’observateur à celui d’acteur organisé de la vie politique nationale. Reste à savoir si cette nouvelle plateforme parviendra à fédérer au-delà de ses initiateurs et à s’imposer comme une voix influente dans le paysage politique congolais.

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