À quelques jours de la marche annoncée par l’opposition contre le projet de révision constitutionnelle, la Coalition Article 64 (C64) hausse le ton. Dans un communiqué rendu public ce 1er juillet, elle accuse le pouvoir de vouloir criminaliser la contestation et de préparer l’opinion à une répression des manifestants. Un nouvel épisode d’un bras de fer politique qui ne cesse de s’intensifier autour de l’avenir institutionnel du pays.
La tension monte progressivement en République démocratique du Congo à l’approche de la marche du 8 juillet prochain. Alors que les autorités multiplient les mises en garde contre d’éventuels troubles à l’ordre public, la Coalition Article 64 (C64), qui rassemble plusieurs leaders de l’opposition, estime que le pouvoir cherche avant tout à discréditer une mobilisation qu’elle présente comme légitime et pacifique.
Dans un communiqué signé notamment par Martin Fayulu, Moïse Katumbi, Augustin Matata Ponyo, Jean-Marc Kabund et Delly Sesanga, la plateforme condamne les accusations de l’UDPS et de certains cadres de la majorité qui évoquent des risques de violences urbaines ou d’attaques contre des représentations diplomatiques lors de cette manifestation.
Pour la C64, ces accusations ne reposeraient sur aucun élément concret. Elles constitueraient plutôt une stratégie destinée à justifier à l’avance d’éventuelles mesures répressives contre les opposants et les citoyens qui souhaitent participer à la marche.
La coalition affirme que depuis plusieurs semaines, le climat politique se dégrade sensiblement. Elle dénonce une multiplication de discours hostiles à l’opposition, des intimidations contre les voix dissidentes ainsi que des tentatives de restriction des libertés publiques. Selon elle, ces actes traduisent une volonté claire d’empêcher toute contestation du projet de révision constitutionnelle porté par le pouvoir.
Au cœur de cette confrontation se trouve en effet la question constitutionnelle. Depuis plusieurs mois, le débat sur une éventuelle réforme de la Constitution occupe une place centrale dans la vie politique congolaise. Le camp présidentiel soutient qu’il est légitime d’engager une réflexion sur l’évolution des institutions afin de les adapter aux réalités du pays. L’opposition, quant à elle, soupçonne une tentative de remise en cause des garde-fous constitutionnels actuels.
C’est dans ce contexte que la marche du 8 juillet a été annoncée. Pour la C64, cette mobilisation doit constituer une démonstration citoyenne en faveur du respect de la Constitution et de l’État de droit. Les organisateurs affirment vouloir adresser un message clair aux autorités : aucune réforme ne doit servir à affaiblir les principes démocratiques ou à prolonger le pouvoir au-delà des limites prévues par la loi fondamentale.
Dans son communiqué, la coalition insiste sur le caractère pacifique de la manifestation. Elle souligne que celle-ci n’est dirigée ni contre des missions diplomatiques ni contre des intérêts étrangers. Les organisateurs rejettent toute tentative d’associer leur initiative à des actes de vandalisme ou à des violences.
La C64 rappelle également que les formalités prévues par la Constitution et les lois de la République ont été respectées. En se référant à l’article 26 de la Constitution, elle estime que les citoyens congolais disposent du droit de manifester et que les autorités ont l’obligation de garantir l’exercice de cette liberté fondamentale.
Au-delà de la mobilisation elle-même, l’opposition cherche aussi à attirer l’attention de la communauté internationale. La coalition appelle les missions diplomatiques, les organisations régionales ainsi que les défenseurs des droits humains à suivre de près le déroulement de la marche. Elle estime que les libertés publiques sont aujourd’hui soumises à une pression croissante et que la vigilance demeure nécessaire.
Cette nouvelle passe d’armes entre le pouvoir et l’opposition intervient dans un contexte où la méfiance entre les deux camps semble atteindre un niveau rarement observé depuis les élections de 2023. Chaque déclaration, chaque initiative politique et chaque mobilisation populaire sont désormais interprétées à travers le prisme du débat constitutionnel.
À une semaine de l’échéance, l’incertitude demeure quant au déroulement de la marche du 8 juillet. Une chose est cependant certaine : cette journée pourrait constituer un tournant majeur dans la bataille politique qui oppose actuellement le régime à une opposition déterminée à faire de la défense de la Constitution son principal cheval de bataille.
