Réunis à Kinshasa à l’initiative de la CORAP et de la dynamique Inga Watch, acteurs de la société civile et experts ont passé au crible le projet de loi sur le développement du complexe Grand Inga. Au cœur des échanges : des préoccupations sur la transparence, la gouvernance et la prise en compte des intérêts nationaux.
Dans un contexte marqué par des interrogations persistantes autour du projet Grand Inga, la Coalition des organisations de la société civile pour le suivi des réformes et de l’action publique (CORAP), en collaboration avec la dynamique Inga Watch, a organisé un atelier stratégique d’analyse du projet de loi y afférent.
Cette rencontre a réuni plusieurs organisations de la société civile, des experts ainsi que des acteurs engagés dans le suivi des politiques publiques. L’objectif principal était d’examiner en profondeur le contenu du projet de loi Inga, d’en décrypter les enjeux actuels et de dégager une position commune en vue de renforcer le plaidoyer citoyen.
Emmanuel Musuyu secrétaire exécutif de la CORAP a soulevé des préoccupations liées à la transparence dans la proposition de loi du processus, à la gouvernance du projet ainsi qu’à la vision nationale qui devrait encadrer le développement de cette infrastructure d’envergure.
« Nous constatons un manque d’alignement entre ce projet de loi et le cadre juridique existant, ce qui constitue un problème majeur. La motivation même de cette nouvelle loi n’est pas clairement établie, alors qu’il existe déjà des instruments juridiques pouvant encadrer le projet. Plutôt que d’adopter une nouvelle loi, il serait plus pertinent de renforcer et d’appliquer efficacement les textes existants, notamment en matière d’électricité, de partenariats public-privé et de zones économiques spéciales », a-t-il expliqué.
Au cours des discussions, des recommandations ont été formulées à l’endroit des autorités afin de revoir certains aspects jugés problématiques et de garantir une meilleure prise en compte des intérêts des communautés locales et du pays, a martelé Me Erick Kasongo
« Plutôt que d’adopter une nouvelle loi spéciale, il serait plus judicieux de veiller à l’application effective des textes existants. À notre avis, les sites d’Inga, bien que stratégiques, ne nécessitent pas un régime juridique particulier. D’ailleurs, à la lecture de l’exposé des motifs, les raisons justifiant cette dérogation ne sont pas clairement établies », a-t-il déclaré.
Pour les participants, cette session constitue une étape clé vers la construction d’une position concertée, capable d’influencer les décisions publiques autour du projet Grand Inga, considéré comme stratégique pour l’avenir énergétique et économique de la République démocratique du Congo.
