La campagne pour la succession à la tête de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) s’accélère. Et Juliana Amato Lumumba entend bien faire entendre la voix de la République démocratique du Congo dans cette compétition diplomatique de premier plan.
En déplacement en Belgique ce mercredi 27 mai, la candidate congolaise a franchi une nouvelle étape de sa campagne en rencontrant les membres de la commission Belgique-RDC de l’Union interparlementaire. Organisée au Parlement fédéral belge, la réunion a rassemblé plusieurs personnalités influentes de la vie politique belge, dont le vice-président Pierre Kompany ainsi que le président honoraire de la Chambre des représentants et figure du PS, André Flahaut.

Pendant près de deux heures, Juliana Amato Lumumba a défendu sa vision d’une Francophonie qu’elle souhaite plus moderne, plus inclusive et davantage tournée vers les grands défis contemporains.
Face à ses interlocuteurs, la candidate de la RDC a plaidé pour une organisation capable de renouer avec les aspirations des jeunes générations, tout en renforçant son rôle dans la promotion de la paix, de la culture, de la solidarité et du développement économique au sein de l’espace francophone.
Son intervention semble avoir convaincu une partie de son auditoire.
À l’issue des échanges, plusieurs parlementaires belges ont salué la qualité de son projet ainsi que sa maîtrise des enjeux internationaux. Mais c’est surtout la déclaration de Pierre Kompany qui a retenu l’attention.
« Nous avons affaire à une candidate qui mérite d’être élue et de devenir responsable de la Francophonie », a affirmé le parlementaire belge, exprimant publiquement son appréciation pour la candidature congolaise.
Un soutien symboliquement important pour Juliana Amato Lumumba dans un pays qui demeure l’un des principaux contributeurs financiers de l’Organisation internationale de la Francophonie.
Au-delà de la dimension diplomatique, la candidate congolaise mise également sur un parcours qui conjugue expérience politique, expertise économique et engagement panafricain.
Titulaire d’un diplôme d’études approfondies en sciences politiques et sociologie de la défense obtenu à l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS) à Paris, Juliana Amato Lumumba a occupé plusieurs fonctions de premier plan. Vice-ministre de l’Information, ministre de la Culture, secrétaire générale de l’Union des chambres de commerce, d’industrie et des professions africaines au Caire, puis ambassadeure de la République, elle revendique une expérience à la croisée de la gouvernance publique et du développement économique.

Cette double compétence constitue l’un des piliers de son projet pour l’OIF.
Au cœur de sa feuille de route figure notamment la création d’une Académie francophone de paix et de solidarité, un projet qu’elle présente comme l’une des principales innovations de son mandat en cas d’élection.
L’ambition est claire : former une nouvelle génération d’experts capables de prévenir, gérer et résoudre les conflits qui traversent l’espace francophone. L’institution aurait également vocation à renforcer le dialogue entre les pays du Nord et ceux du Sud, dans un contexte international marqué par la multiplication des crises géopolitiques.
Kinshasa accueillerait le siège de cette future académie.
Selon les promoteurs de la candidature congolaise, le gouvernement de la RDC serait prêt à financer le lancement du projet à hauteur de dix millions de dollars et à construire les infrastructures destinées à accueillir cette nouvelle agence de la Francophonie.
Pour Juliana Amato Lumumba, la Francophonie ne peut plus se limiter à la défense d’une langue commune. Elle doit devenir un véritable outil de médiation, de développement et de coopération entre les peuples.
Cette vision se retrouve dans son programme baptisé « Neuf projets neufs pour une Francophonie neuve », qui met l’accent sur la jeunesse, l’égalité entre les femmes et les hommes, le développement économique, la gouvernance fondée sur le mérite et le dialogue interculturel.
La candidate insiste également sur la nécessité de renforcer les synergies entre l’OIF et d’autres organisations internationales comme l’ONU, l’Union africaine ou encore l’Union européenne.
Autre atout mis en avant par ses soutiens : son profil international.
Parfaitement francophone, Juliana Amato Lumumba maîtrise également l’anglais, l’arabe, le swahili et le lingala, tout en possédant des connaissances en russe. Un multilinguisme qu’elle considère comme un levier pour promouvoir davantage la diversité culturelle au sein de l’espace francophone.
Mais au-delà des compétences et des programmes, c’est aussi une histoire personnelle qui accompagne sa candidature.
Fille de Patrice Lumumba, figure emblématique des indépendances africaines, Juliana Amato Lumumba porte un nom chargé d’histoire. Ses soutiens estiment toutefois que sa candidature ne repose pas uniquement sur cet héritage symbolique. Ils mettent en avant un parcours forgé par l’expérience diplomatique, l’engagement politique et la défense des causes liées à la paix, à la justice sociale et à l’intégration africaine.
À Bruxelles, cette séquence diplomatique apparaît comme une étape importante dans sa stratégie de conquête. En obtenant l’écoute attentive et le soutien affiché de plusieurs responsables politiques belges, la candidate congolaise renforce progressivement sa crédibilité sur la scène internationale.
La bataille pour la direction de l’OIF est encore loin d’être terminée. Mais une chose est sûre : Juliana Amato Lumumba entend faire de cette campagne une tribune pour défendre une Francophonie plus ambitieuse, plus ouverte et plus connectée aux réalités du XXIe siècle.
