Plusieurs organisations de la société civile congolaise ont exprimé, dans un communiqué conjoint daté du 07 avril 2026 à Kinshasa, leur opposition ferme à une décision gouvernementale portant sur l’accueil en République démocratique du Congo de ressortissants de pays tiers expulsés des États-Unis.
Dans ce document, les signataires dénoncent une mesure qu’ils jugent « inacceptable », estimant qu’elle aurait été prise sans transparence ni respect des procédures constitutionnelles. Ils affirment que « aucun Congolais, ni élu ni citoyen, n’a été associé à cette décision », qu’ils qualifient d’« arbitraire exécutif » et de « violation de l’État de droit ».
Un accord jugé illégitime
Les organisations signataires soutiennent que tout accord international engageant le pays doit être soumis à une procédure de ratification impliquant le Parlement. Or, selon elles, l’existence de cet accord n’aurait été révélée que par voie de communiqué ministériel, sans publication officielle du texte ni débat public.
« Le peuple congolais a le droit de savoir ce qui a été négocié et concédé en son nom », insistent-elles, réclamant la publication intégrale de l’accord ainsi que son examen par l’Assemblée nationale et le Sénat.
Des capacités d’accueil mises en doute
Le communiqué met également en avant les défis humanitaires auxquels la RDC est déjà confrontée. Les organisations rappellent que le pays compte des millions de déplacés internes et accueille déjà des réfugiés dans des conditions précaires.
Elles s’interrogent sur la capacité réelle de l’État à garantir la protection de personnes transférées de force, en l’absence, selon elles, de mécanismes clairs de suivi et d’accompagnement. « Ces promesses de suivi administratif, sécuritaire et humanitaire sonnent creux au regard des réalités que nous connaissons », dénoncent-elles.
Une atteinte aux valeurs de solidarité
Les signataires estiment par ailleurs que cette décision va à l’encontre des principes de dignité humaine et de solidarité internationale. Ils rejettent l’idée que la RDC puisse servir de « sous-traitant » à des քաղաքական politiques migratoires étrangères, qu’ils qualifient de « xénophobes et déshumanisantes ».
Ils appellent le gouvernement à prioriser la protection des populations congolaises, notamment celles affectées par les conflits à l’Est du pays, avant d’envisager de nouveaux engagements internationaux.
Un précédent jugé dangereux
Enfin, le communiqué met en garde contre les implications d’un tel accord sur la souveraineté nationale. « Un État qui sous-traite sa politique territoriale à une puissance étrangère n’est plus tout à fait souverain », alertent les organisations.
Elles appellent à une mobilisation des citoyens, des acteurs politiques et de la communauté internationale pour exiger plus de transparence et éviter que la RDC ne devienne, selon leurs termes, une « zone de décharge » des politiques migratoires des grandes puissances.
Le collectif demande, en conclusion, l’annulation immédiate de tout transfert de migrants dans ce cadre, ainsi que l’ouverture d’une concertation inclusive avant toute reprise éventuelle du processus.
