À quelques heures de la rentrée scolaire 2026-2027, prévue ce mardi 1er septembre, l’insécurité vient une nouvelle fois perturber le quotidien des populations dans le territoire d’Irumu, en Ituri. Une incursion attribuée aux combattants des ADF a été signalée ce lundi matin à Bandikafu, dans la chefferie des Walese-Vonkutu, provoquant le déplacement de plusieurs familles vers des localités voisines.

La rentrée scolaire devait être synonyme de retrouvailles entre élèves, enseignants et parents. Dans plusieurs villages du territoire d’Irumu, elle s’annonce plutôt sous le signe de l’inquiétude.

À Bandikafu, dans la chefferie des Walese-Vonkutu, une nouvelle incursion attribuée aux combattants des Forces démocratiques alliées (ADF) a été signalée aux premières heures de ce lundi 31 août 2026. Des détonations d’armes lourdes et légères ont été entendues dans la zone, poussant plusieurs habitants à quitter précipitamment leurs maisons.

Selon le témoignage recueilli par 7SUR7.CD auprès de Mbafele Modeste, directeur d’une école primaire de la région, plusieurs parents accompagnés de leurs enfants ont pris la direction de villages environnants, notamment Komanda et Takumanza.

« Je me préparais pour me rendre à l’école ce matin pour une dernière réunion avec les enseignants », a expliqué le responsable scolaire, alors que les établissements devaient rouvrir leurs portes dès ce mardi.

Mais la situation sécuritaire en a décidé autrement.

La rentrée scolaire menacée

L’incursion intervient à un moment particulièrement sensible pour les familles. Après plusieurs semaines de préparation, les écoles devaient accueillir les élèves pour le début de l’année scolaire 2026-2027.

Dans cette partie du territoire d’Irumu, la menace sécuritaire risque une nouvelle fois de compromettre la reprise normale des activités scolaires. Les déplacements de population provoqués par les violences rendent en effet difficile la présence régulière des élèves et des enseignants dans les établissements.

À Bandikafu, plusieurs familles ont préféré prendre la fuite plutôt que de rester exposées aux éventuelles conséquences des affrontements.

Le village concerné se trouve à environ 17 kilomètres de Komanda, sur la route nationale numéro 4, dans le tronçon reliant Komanda à Mambasa. Cette proximité avec un axe routier important renforce les inquiétudes concernant la circulation des populations et la sécurité des voyageurs dans cette partie de l’Ituri.

Pour l’heure, aucun bilan officiel en termes de morts, de blessés ou de dégâts matériels n’a été communiqué à la suite de cette incursion. Il convient donc de rester prudent sur le bilan de l’attaque et sur l’identité exacte des assaillants, l’attribution aux ADF reposant pour l’instant sur les informations rapportées localement.

Une rentrée sous tension dans une province déjà fragilisée

Cette nouvelle alerte sécuritaire intervient alors que l’Ituri fait face à plusieurs défis simultanés.

La province est notamment confrontée à la résurgence de la maladie à virus Ebola. Dans la zone de santé de Mambasa, les autorités sanitaires ont toutefois annoncé une évolution encourageante : 17 jours sans nouveau cas ont été enregistrés, selon le médecin-chef de zone, le Dr Yunga Abedi. La vigilance reste néanmoins recommandée par les équipes de riposte.

Dans ce contexte, la situation sécuritaire constitue un obstacle supplémentaire pour les populations et les services essentiels.

La succession d’attaques attribuées aux ADF dans plusieurs zones de l’Ituri continue par ailleurs d’alimenter les inquiétudes. À Mambasa, plus de 20 civils auraient été tués entre le 27 et le 30 août dans plusieurs attaques attribuées aux ADF, selon un défenseur des droits humains cité par Actu30. Plusieurs autres personnes seraient portées disparues et des habitations auraient été incendiées.

Ces événements montrent que l’insécurité ne se limite pas à une seule localité et continue de peser lourdement sur la vie des communautés rurales.

Des enfants encore pris au piège de l’insécurité

Au-delà des chiffres et des bilans sécuritaires, l’enjeu principal reste celui des enfants.

Dans les zones touchées par les violences, chaque nouvelle attaque peut signifier une interruption des cours, un déplacement familial ou l’abandon temporaire des activités scolaires. Pour des enfants déjà confrontés aux conséquences des déplacements et de la précarité, l’instabilité sécuritaire représente un obstacle supplémentaire à leur éducation.

À Bandikafu, la question est désormais de savoir si les élèves pourront effectivement reprendre le chemin de l’école ce mardi.

Les responsables scolaires et les parents sont confrontés à un dilemme difficile : envoyer les enfants à l’école malgré les craintes sécuritaires ou attendre une amélioration de la situation avant de reprendre normalement les cours.

Cette situation rappelle une réalité devenue récurrente dans plusieurs territoires de l’Est de la RDC : l’école reste l’une des premières victimes collatérales de l’insécurité.

Les autorités attendues sur la sécurisation des populations

Alors que la rentrée scolaire doit officiellement débuter ce mardi 1er septembre, les autorités sécuritaires sont appelées à garantir la protection des populations et des infrastructures scolaires dans les zones exposées.

La priorité reste de permettre aux familles déplacées de retrouver un minimum de sécurité et aux enfants de reprendre leur parcours scolaire dans des conditions acceptables.

Pour l’instant, Bandikafu reste marqué par l’incertitude. Les habitants ayant fui vers Komanda, Takumanza et d’autres localités voisines attendent de voir comment la situation va évoluer avant d’envisager un éventuel retour.

À Irumu, la rentrée scolaire commence donc avec une question essentielle : comment envoyer les enfants à l’école lorsque leurs familles doivent d’abord chercher un endroit où se mettre à l’abri ?

Une interrogation qui dépasse le seul cas de Bandikafu et renvoie au défi plus large de la protection des civils et de la continuité de l’éducation dans les zones de l’Est de la République démocratique du Congo.

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