« le conseil d’administration alerte, mais rien ne bouge ».
miba : audit, gouvernance et participation d’asa, les conditions d’une relance sous haute surveillance.
La gouvernance est sous tension, aucune action concrète n’a été prise et ce malgré un courrier officiel du Conseil d’Administration adressé le 10 juin 2026 à Son Excellence Monsieur Le Président de La République Félix Antoine Tshisekedi
La relance de la société minière se retrouve face à un inquiétant silence institutionnel .
Deux mois après la demande formelle du Conseil d’administration, le silence devient difficilement compréhensible et la situation, de plus en plus préoccupante, met la MIBA sous une pression qui ne peut plus être ignorée.
Pourquoi les demandes du Conseil d’administration restent-elles sans suite ?
Et surtout, de quelles protections bénéficie le directeur général, André Kabanda, pour qu’un audit et une enquête d’investigation pourtant réclamés le 10 juin 2026 par l’organe de gouvernance de la société ne puissent toujours pas être menés ?
Tant que les conditions permettant d’établir les éventuelles irrégularités financières et les responsabilités ne seront pas réunies, comment prétendre engager sereinement la relance de la MIBA ?
Ce silence nourrit les interrogations, exacerbe les tensions internes et pose désormais une question fondamentale : qui décide réellement de l’avenir de la MIBA, et pourquoi les demandes de son propre Conseil d’administration ne sont-elles pas entendues ? »
La relance de la Minière de Bakwanga (MIBA) entre dans une phase décisive, sur fond de tensions relatives à sa gouvernance, à sa situation financière et à la participation de son actionnaire minoritaire, ASA Resource Group.
Historiquement détenue à 80 % par l’État congolais et à 20 % par SIBEKA, la MIBA voit aujourd’hui ASA revendiquer cette participation de 20 %.
Cette participation est au cœur d’une augmentation de capital évaluée à environ 27,5 milliards de francs congolais, soit près de 12 millions de dollars, dont la souscription doit intervenir avant le 27 août 2026.
Mais derrière cette échéance financière se pose une question plus fondamentale :
la transparence de la gestion de la MIBA et la clarification de sa gouvernance.
Les sept administrateurs exigent la transparence
Selon les éléments communiqués dans le cadre du dossier, sept administrateurs de la MIBA ont demandé la mise en place d’un audit et d’une enquête d’investigation portant notamment sur la gestion financière de la société et sur des mouvements de fonds qu’ils considèrent comme suffisamment préoccupants pour justifier des vérifications indépendantes.
Cette demande intervient dans un contexte particulièrement sensible, alors que la MIBA doit engager sa restructuration et mobiliser des ressources considérables pour sa relance.
Pour les administrateurs, il ne peut y avoir de relance crédible sans que la situation financière et les responsabilités éventuelles soient préalablement clarifiées.
L’opposition du directeur général André Kabanda au cœur de la controverse
C’est précisément sur ce point que la situation se tend.
Le Conseil d’administration se dit profondément préoccupé et choqué par la réaction attribuée au directeur général, André Kabanda, qui s’opposerait à la mise en place de l’audit et de l’enquête demandés par les sept administrateurs.
Pour ces derniers, cette opposition soulève une question fondamentale :
pour quelle raison le DG de la MIBA André Kabanda chargé de la gestion d’une entreprise publique stratégique s’opposerait-il à une procédure indépendante destinée précisément à vérifier la régularité de sa gestion ?
Les administrateurs considèrent que cette position est d’autant plus préoccupante que les vérifications demandées portent sur des mouvements financiers et des opérations qu’ils estiment devoir être examinés avec la plus grande rigueur.
Ils estiment qu’une telle opposition ne permet pas de dissiper les soupçons existants et pourrait, au contraire, renforcer la nécessité de faire toute la lumière sur la gestion de la société.
Il ne s’agit toutefois pas, à ce stade, de présenter comme établies des accusations de détournement : les éventuelles irrégularités et responsabilités doivent être établies par une procédure indépendante et contradictoire.
Mais c’est précisément la raison pour laquelle les sept administrateurs réclament que les vérifications puissent avoir lieu.
Une stratégie de division dénoncée au sein du Conseil
Dans le même contexte, certains membres du Conseil d’administration mettent également en cause l’attitude de Cécile Edungu, administrateur représentant les intérêts de l’actionnaire minoritaire.
Selon ces administrateurs, ses interventions contribueraient à alimenter les divisions au sein du Conseil et à déplacer le débat vers les médias congolais, alors que la question essentielle demeure celle de la situation financière et des obligations de l’actionnaire minoritaire.
Ils estiment que cette stratégie pourrait avoir pour conséquence de faire gagner du temps à l’actionnaire minoritaire, alors que celui-ci doit répondre à des obligations financières importantes dans le cadre de la recapitalisation de la MIBA.
Le raisonnement avancé par ces administrateurs est simple : si la transparence est véritablement recherchée par tous, les vérifications indépendantes devraient pouvoir être acceptées sans réserve.
Le Conseil affirme pour sa part vouloir éviter toute polémique personnelle et rappelle que sa seule priorité doit rester la sauvegarde et la relance de la MIBA.
Un précédent qui impose la vigilance autour d’ASA
La due diligence fait également apparaître un précédent judiciaire sérieux concernant d’anciens dirigeants d’ASA.
Ning Yat Hoi, ancien président-directeur général d’ASA, ainsi que Kwan Yim Chiu, ancien directeur financier, ont été écartés en 2017 dans le contexte d’une enquête portant sur plusieurs millions de dollars de fonds qui auraient été transférés vers des entités en Chine sans contrepartie suffisante.
Des procédures judiciaires ont ensuite été engagées au Zimbabwe.
Ces éléments ne permettent naturellement pas d’établir une quelconque responsabilité des dirigeants actuels d’ASA dans ces faits anciens.
Ils constituent néanmoins un élément historique pertinent dans toute procédure sérieuse de due diligence concernant l’actionnaire minoritaire de la MIBA.
Niu Haoran : une homonymie qui ne peut être assimilée à une condamnation
Les recherches font également apparaître en Chine une décision pénale concernant une personne portant le nom de Niu Haoran, condamnée en 2023 à trois ans et six mois d’emprisonnement.
La relance de la MIBA ne peut se limiter à une recapitalisation
L’État congolais, actionnaire majoritaire à hauteur de 80 %, prévoit une importante recapitalisation de la MIBA.
ASA, pour sa part, doit mobiliser environ 12 millions de dollars si elle souhaite préserver sa participation de 20 %.
Mais la question financière ne peut être dissociée de celle de la gouvernance.
Pour les sept administrateurs, la priorité est d’établir la vérité sur la situation financière de la MIBA, de protéger les intérêts de la société et de garantir que chaque responsable rende compte de sa gestion.
La date du 27 août 2026, échéance fixée à ASA pour participer à l’augmentation de capital, constitue ainsi un premier rendez-vous majeur.
Mais au-delà de cette échéance financière, le message du Conseil d’administration est clair : la MIBA ne peut pas être relancée sur des zones d’ombre.
Tant que les interrogations portant sur sa gestion financière, ses flux financiers et les responsabilités éventuelles n’auront pas été définitivement clarifiées, la crédibilité de la relance restera nécessairement fragilisée.
Pour les sept administrateurs, la solution est donc sans ambiguïté :
transparence totale, audit indépendant et enquête d’investigation.
La priorité n’est ni la polémique, ni les divisions, ni la communication médiatique.
La priorité est la MIBA, sa survie, sa relance et la protection de ses intérêts.
