Lors d’un Space X organisé par le journaliste Magloire Valentino Mwembo, consacré aux consultations menées à Lubumbashi par Raphaël Katebe Katoto, l’ancien vice-ministre du Budget, Félix Momat, a vivement dénoncé ce qu’il considère comme une tentative de stigmatisation du Katanga. Face à Justin Kiela, il a défendu le rôle économique stratégique de cette région et mis en garde contre toute conclusion des consultations qui conduirait, selon lui, à une marginalisation des Katangais.

Au fil des échanges, le débat a rapidement dépassé le cadre des consultations pour s’intéresser à la place du Katanga dans la vie politique et économique de la République démocratique du Congo.

Réagissant aux critiques formulées à l’encontre de cette région, Félix Momat a estimé que certains discours risquaient d’alimenter une logique de discrimination.

« Vous ouvrez la porte à de nouvelles discriminations. Si c’est cela la conclusion de vos consultations, cela ne passera pas. Les Katangais se défendront. Ils ne resteront pas marginalisés »,

a-t-il déclaré.

Le poids économique du Katanga

Pour appuyer son argumentation, l’ancien vice-ministre du Budget a rappelé la contribution du Grand Katanga aux finances publiques nationales.

Selon lui, la province du Haut-Katanga représente à elle seule près de 15 % du budget national, tandis que le Grand Katanga — composé du Haut-Katanga, du Lualaba, du Tanganyika et du Haut-Lomami — contribuerait à près de 50 % des recettes nationales.

Il a également souligné que cette richesse permet de financer une part importante des politiques publiques à travers le pays.

« C’est le Katanga qui nourrit les institutions. C’est le Katanga qui finance l’effort de guerre. C’est le Katanga qui construit les universités au Kasaï et participe à la construction des infrastructures, notamment les aéroports à Kinshasa »,

a affirmé Félix Momat.

L’ancien membre du gouvernement s’est ensuite interrogé sur les retombées concrètes de cette contribution pour le Katanga, évoquant notamment les contrats sino-congolais conclus sous la présidence de Félix Tshisekedi.

Un avertissement sur l’issue des consultations

Au-delà des chiffres, Félix Momat a appelé à éviter toute lecture des consultations susceptible, selon lui, de renforcer les fractures régionales.

Pour l’ancien vice-ministre, si ces consultations devaient déboucher sur une marginalisation politique du Katanga ou de ses populations, elles manqueraient leur objectif et risqueraient d’alimenter de nouvelles tensions.

Les échanges ont ainsi mis en lumière les fortes sensibilités qui entourent les consultations initiées par Raphaël Katebe Katoto, dans un contexte où les questions de gouvernance, de représentation régionale et de partage des ressources demeurent au cœur du débat politique congolais.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *