Les violences attribuées aux rebelles des Forces démocratiques alliées (ADF) continuent de faire des ravages dans l’Est de la République démocratique du Congo. Selon les chiffres avancés par le député national Carly Nzanzu Kasivita, plus de 15 000 personnes ont perdu la vie depuis 2014 dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri.

Ce bilan alarmant représente en moyenne environ 1 250 décès par an, soit près de 104 victimes chaque mois. Une situation qui illustre l’ampleur de l’insécurité persistante dans cette région malgré les nombreuses opérations militaires menées contre les groupes armés.

Face à cette réalité, l’élu national de Beni a adressé, le 4 juin 2026, une lettre au Président de la République, Félix Tshisekedi, afin de proposer une nouvelle approche dans la lutte contre les ADF et les autres menaces sécuritaires qui frappent l’Est du pays.

Dans sa correspondance, Carly Nzanzu estime que les stratégies actuellement mises en œuvre n’ont pas permis de mettre fin aux massacres récurrents qui endeuillent les populations civiles. Il plaide ainsi pour une adaptation des opérations militaires au mode opératoire des rebelles.

Parmi les principales recommandations formulées figure le renforcement du renseignement militaire et civil afin de détecter rapidement les mouvements des groupes armés et prévenir les attaques contre les populations.

Le député propose également une surveillance accrue des zones considérées comme vulnérables, notamment les localités régulièrement ciblées par les incursions des ADF dans les territoires de Beni et d’Irumu.

Carly Nzanzu suggère en outre la mise en place de groupes d’autodéfense communautaires encadrés par l’État. Selon lui, ces structures pourraient contribuer à améliorer l’alerte précoce et la protection des habitants dans les zones les plus exposées.

L’élu de Beni recommande aussi le développement d’une police de proximité impliquant davantage les communautés locales. Cette approche vise à renforcer la collaboration entre les forces de sécurité et les populations afin de mieux faire face aux menaces sécuritaires.

Cette initiative intervient alors que l’état de siège demeure en vigueur au Nord-Kivu et en Ituri. Mis en place en mai 2021 pour restaurer l’autorité de l’État et neutraliser les groupes armés, ce régime d’exception continue de susciter des débats quant à son efficacité sur le terrain.

Malgré les efforts déployés par les autorités congolaises et leurs partenaires militaires, des attaques meurtrières sont encore signalées dans plusieurs localités, notamment à Beni-ville, Beni-territoire, Mbau, Ngadi et Boikene. Pour Carly Nzanzu, l’urgence est désormais de revoir les méthodes de lutte afin d’enrayer définitivement le cycle des violences qui endeuille les populations du Nord-Kivu et de l’Ituri depuis plus d’une décennie.

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