Invité de l’émission Décrypta sur Télé Shaba, Néhémie Mwilanya a livré une lecture assumée du parcours de Joseph Kabila. L’ancien directeur de cabinet du Raïs a reconnu ce qu’il considère comme les deux principales erreurs de l’ex-chef de l’État, tout en défendant son héritage politique et son choix de privilégier la cohésion nationale.

Lien de l’émission: https://youtu.be/tJ7LIF46FX0

Néhémie Mwilanya est sorti de sa réserve avec un message qui se veut autant un exercice de mémoire qu’une défense du bilan de Joseph Kabila. Invité de l’émission Décrypta sur Télé Shaba, animée par Magloire Valentino Mwembo, l’ancien directeur de cabinet du cinquième président de la République a développé une réflexion sur ce qu’il estime être les deux principales erreurs commises par l’ancien chef de l’État au cours de son parcours politique.

Selon lui, la première erreur de Joseph Kabila a été de croire que les profondes réformes engagées après son accession au pouvoir suffiraient à transformer durablement les mentalités des Congolais. Pour Néhémie Mwilanya, les avancées institutionnelles et politiques réalisées durant cette période n’ont pas produit les effets espérés sur les comportements de la classe politique et d’une partie de la société.

« Le président Joseph Kabila a commis deux erreurs. La première erreur a été de croire qu’en changeant les emblèmes et le nom du pays, les Zaïrois d’hier étaient subitement devenus des Congolais. Il pensait que toute une mentalité avait changé grâce à ses accomplissements : la réunification du pays, la relance du processus démocratique, la restitution de la parole aux citoyens et le lancement de la reconstruction. Mais tout cela n’a pas modifié la mentalité de notre peuple, et particulièrement celle de la classe politique », a déclaré l’ancien directeur de cabinet.

À travers cette analyse, le proche de Joseph Kabila soutient que les réformes politiques, aussi importantes soient-elles, ne suffisent pas à elles seules à provoquer une transformation profonde des pratiques de gouvernance. Selon lui, le changement des institutions doit nécessairement s’accompagner d’une évolution des mentalités pour produire des résultats durables.

Néhémie Mwilanya est ensuite revenu sur ce qu’il considère comme la seconde erreur de l’ancien président. D’après lui, Joseph Kabila aurait volontairement privilégié la paix civile et la cohésion nationale plutôt qu’une politique de sanctions plus sévères à l’encontre de certains responsables.

« La seconde erreur, bien qu’elle fût inévitable, a été de privilégier la cohésion nationale et l’héritage de nos pères fondateurs au détriment de la sanction. Une partie de l’opinion a ainsi estimé qu’il n’avait pas suffisamment sanctionné. Mais entre deux maux, il fallait choisir le moindre : il a fait le choix de préserver l’unité pour sauvegarder cet héritage », a-t-il poursuivi.

Pour l’ancien directeur de cabinet, ce choix relevait davantage d’une volonté de préserver la stabilité du pays que d’un manque de fermeté. Il estime que Joseph Kabila a constamment cherché à éviter des fractures politiques susceptibles de fragiliser davantage la République, quitte à s’exposer aux critiques de ceux qui réclamaient des sanctions plus exemplaires.

Au-delà de ces deux « erreurs », cette intervention apparaît également comme une défense assumée de l’héritage politique de Joseph Kabila. En rappelant la réunification du pays, la relance du processus démocratique, la restitution de la parole aux citoyens et les efforts de reconstruction, Néhémie Mwilanya entend remettre au centre du débat les réalisations que le camp kabiliste attribue à l’ancien chef de l’État.

Cette prise de parole intervient dans un contexte où les proches de Joseph Kabila multiplient les interventions publiques sur les grandes questions nationales. Sans annoncer un retour politique imminent de l’ancien président, elle participe néanmoins à une stratégie de repositionnement de sa famille politique dans le débat public, alors que les discussions sur la gouvernance, la sécurité et l’avenir institutionnel du pays demeurent au cœur de l’actualité.

Par ses déclarations, Néhémie Mwilanya relance également le débat sur le bilan des dix-huit années de pouvoir de Joseph Kabila. Un débat qui continue d’opposer ses partisans, qui mettent en avant les réformes engagées sous son mandat, et ses détracteurs, qui lui imputent une part importante des difficultés auxquelles la République démocratique du Congo reste confrontée aujourd’hui.

Quoi qu’il en soit, cette sortie médiatique marque une nouvelle étape dans la communication du camp kabiliste. En reconnaissant publiquement ce qu’il considère comme les deux erreurs de Joseph Kabila tout en défendant les motivations qui les sous-tendaient, Néhémie Mwilanya remet l’ancien président au centre des discussions politiques et ravive le débat sur son héritage, à un moment où la scène politique congolaise demeure en pleine recomposition.

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