Face à la dérive autoritaire et au naufragedémocratique imputés au pouvoir de Kinshasa, la diaspora congolaise ne se contente plus de murmurer sa colère. Elle tonne, s’organise et exige le changement.

Le weekend dernier, sous une canicule écrasante de 40 °C qui n’a en rien entamé la détermination des patriotes, les pavés de Paris ont vibré au rythme d’une colère populaire présentée comme historique. Ni la chaleur étouffante ni les tentatives de division n’ont pu contenir cette marée humaine mobilisée contre la gouvernance jugée chaotique du régime Tshisekedi.

Sous l’impulsion du Bataillon Front Populaire (BFP), initiateur de cette grande marche de protestation, le mythe de l’invincibilité dupouvoir en place aurait volé en éclats.

Pour la première fois, selon les organisateurs, la diaspora a réussi à dépasser les clivages afin de bâtir un véritable front commun.

Ce rassemblement inédit a fédéré diverses composantes de l’opposition : des combattants de la première heure aux figures de l’opposition politique pacifique, en passant par des représentants de mouvements armés tels que l’AFC, le M23 et Twiraneho.

Les organisateurs y voient le signe d’une convergence nationale : face à ce qu’ils considèrent comme une menace pour la survie de la nation, les différentes oppositions s’uniraient pour faire barrage à la tyrannie.

La manifestation a également réuni plusieurs personnalités politiques, parmi lesquelles l’honorable Franck Diongo, présenté comme une figure emblématique de la lutte politique en exil, le Dr Loseke, Rex Kazadi, Albert Mukulubundu, représentant du collectif Sauvons la RDC, ainsi que Sandra Nkulu-Kyungu, coordonnatrice du PPRD Diaspora, et Jean-Pierre Ruhamira, cadre du MRDP.

Cette diversité de profils réunis sur une même tribune a été présentée comme le symbole d’un dépassement des divisions face à un adversaire commun.

Sandra Nkulu Kyungu, coordonnatrice du PPRD diaspora

Le moment fort de la journée a été l’allocution de Sandra Nkulu-Kyungu.

Dans un discours salué par ses partisans, la coordonnatrice du PPRD Diaspora a réaffirmé le rejet de toute révision constitutionnelle susceptible d’ouvrir la voie à un troisième mandat pour Félix Tshisekedi.

Elle a également dénoncé la stigmatisation ethnique qu’elle accuse le pouvoir d’instrumentaliser pour gouverner par la division.

Insistant sur l’urgence du retour au « vivre-ensemble » et à la cohésion nationale, elle a estimé que le message envoyé depuis Paris était clair : face à un pouvoir qu’elle juge affaibli et contesté, l’opposition congolaise, désormais unie et plurielle, entend poursuivre sa mobilisation.

Elle a conclu son intervention par un slogan repris par la foule : « Soki balobi yaka, yaka ! Soki balobi tika, tika ! ».

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