À l’occasion de la Journée des enseignants, la Force des Organisations des Professionnels des Agents des Services d’Instruction (FOPASI) a haussé le ton pour rappeler les urgences auxquelles fait face le corps enseignant en République démocratique du Congo. Dans une déclaration rendue publique, l’organisation met en avant trois revendications majeures qu’elle juge indispensables pour améliorer les conditions de vie et de travail des enseignants.

Prenant la parole au nom de la structure, son coordinateur national, Kaba Wesi Sivirwa, a insisté sur la nécessité pour les autorités de dépasser les discours symboliques et d’apporter des réponses concrètes aux préoccupations exprimées depuis plusieurs années par les professionnels de l’éducation.

La première revendication porte sur l’ouverture effective des bureaux de la Caisse nationale de sécurité sociale des agents publics de l’État (CNSAP). Selon la FOPASI, ce service est crucial pour permettre aux enseignants ayant atteint l’âge de la retraite d’accéder à leurs droits sociaux, longtemps restés lettre morte.

L’organisation déplore que dans plusieurs régions du pays, l’absence de structures opérationnelles complique considérablement les démarches administratives. Cette situation plonge de nombreux enseignants retraités dans une précarité extrême, malgré des années de service rendues à la nation.

Le deuxième point soulevé concerne la mise en œuvre effective de la mutuelle de santé des enseignants. La FOPASI cite notamment le cas du territoire de Beni, où les enseignants cotisent régulièrement sans pour autant bénéficier des soins censés être couverts par ce mécanisme.

Pour l’organisation, cette contradiction illustre les dysfonctionnements profonds du système. Elle estime qu’il est inacceptable que des enseignants continuent de contribuer financièrement sans recevoir en retour les prestations promises, surtout dans un contexte marqué par l’insécurité et la vulnérabilité sanitaire.

La troisième revendication touche à la situation de deux enseignants actuellement détenus. Sans entrer dans les détails de leurs dossiers judiciaires, la FOPASI appelle à leur libération, estimant que leur incarcération suscite une vive inquiétude au sein de la profession.

À travers ces trois axes prioritaires, la FOPASI entend interpeller directement le gouvernement congolais. Elle souligne que la valorisation du métier d’enseignant ne peut se limiter à des cérémonies commémoratives, mais doit se traduire par des actions concrètes et durables.

Dans son intervention, Kaba Wesi Sivirwa a réaffirmé l’engagement de son organisation à défendre les droits et la dignité des enseignants. Il a appelé à une mobilisation collective pour garantir des conditions de vie décentes à ceux qui assurent l’éducation des générations futures.

Ainsi, la Journée des enseignants, censée être un moment de reconnaissance et de célébration, se transforme en une tribune de revendications, mettant en lumière les défis persistants et les attentes pressantes du secteur éducatif en RDC.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *