La coordination de la diaspora du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD) est montée au créneau ce mercredi à travers un communiqué officiel dénonçant ce qu’elle qualifie de conditions « inhumaines et dégradantes » infligées à Aubin Minaku Ndjalandjoko, vice-président du parti et ancien président de l’Assemblée nationale, actuellement détenu par le Conseil national de cyberdéfense (CNC).

Dans son communiqué signé par la coordinatrice Sandra Nkulu Kyungu, la structure accuse les autorités de soumettre le détenu à des conditions jugées incompatibles avec les standards élémentaires des droits humains.

Le texte s’appuie notamment sur une correspondance attribuée à l’épouse du détenu, décrivant un dispositif sécuritaire particulièrement strict lors des visites. Selon ces témoignages, les proches seraient conduits vers le lieu de détention les yeux bandés et soumis à une surveillance constante, sans véritable intimité familiale.

Ces pratiques ont déjà été évoquées dans des démarches antérieures de la famille, qui dénonçait un encadrement excessif lors des visites ainsi qu’une rupture du suivi médical, susceptible d’exposer l’ancien speaker à des risques pour sa santé.

Le communiqué évoque également une perte de poids jugée préoccupante et insiste sur l’absence de prise en charge médicale régulière, situation présentée comme une atteinte grave à la dignité humaine.

Une détention qui continue d’alimenter la controverse

Arrêté dans la nuit du 17 au 18 janvier 2026 à son domicile de Kinshasa, Aubin Minaku Ndjalandjoko avait été conduit vers un lieu tenu secret, sans communication officielle sur les motifs précis de son interpellation.

Depuis lors, l’affaire n’a cessé d’alimenter les tensions politiques. Plusieurs proches et organisations ont dénoncé une détention jugée opaque, tandis que la famille a même saisi des instances internationales pour dénoncer ce qu’elle considère comme une disparition forcée.

Dans le même contexte, des organismes nationaux comme la Commission nationale des droits de l’homme de la RDC ont rappelé la nécessité de respecter les garanties de procédure et les droits de la défense dans ce dossier sensible.

Le PPRD-Diaspora réclame une libération immédiate

Au-delà de la dénonciation des conditions de détention, le communiqué exige la libération immédiate du vice-président du parti, estimant que son maintien en détention constitue une violation des principes fondamentaux de l’État de droit.

La coordination de la diaspora considère cette situation comme une illustration d’un climat politique tendu, marqué selon elle par une pression accrue sur certaines figures de l’opposition.

Une critique dirigée aussi vers la Belgique

Le document ne se limite pas à la question de la détention. Il s’en prend également aux déclarations récentes de la ministre belge de l’Asile et de la Migration, Anneleen Van Bossuyt, actuellement en déplacement à Kinshasa.

Selon la diaspora du PPRD, les positions de la responsable belge seraient « partielles », accusant cette dernière de s’attaquer aux conséquences de l’exil congolais sans condamner ce qu’elle décrit comme ses causes politiques.

Une affaire qui reste hautement sensible

Près de trois mois après son arrestation, le dossier d’Aubin Minaku Ndjalandjoko demeure l’un des plus suivis sur la scène politique congolaise.

Entre accusations de détention arbitraire, appels à la libération et critiques adressées aux partenaires internationaux, cette affaire illustre la persistance de fortes tensions autour des questions d’État de droit et de libertés politiques en République démocratique du Congo.

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