Le procureur général près la Cour d’appel du Maniema a ordonné le gel de tous les comptes bancaires liés à l’Université Mapon, aux écoles secondaire, primaire et maternelle Mapon, ainsi qu’à l’Hôpital Mapon. Une décision qui suscite déjà de vives réactions dans les milieux politiques et académiques : certains y voient une mesure judiciaire régulière, d’autres une riposte aux récentes prises de position de l’ancien Premier ministre Augustin Matata Ponyo.
Selon des sources proches du dossier, cette mesure conservatoire viserait l’ensemble des structures rattachées à la Fondation Mapon, active notamment dans les secteurs de l’éducation et de la santé à Kindu. Dans les cercles politiques, plusieurs observateurs établissent un lien entre cette décision et les récentes interventions médiatiques de l’ancien chef du gouvernement, notamment sa dernière sortie chez le journaliste Péro Luwara.
Toutefois, des voix s’élèvent pour dénoncer une possible confusion juridique. Elles rappellent que les biens concernés n’appartiendraient pas personnellement à Augustin Matata Ponyo, mais à la Fondation Mapon, entité dotée d’une personnalité juridique distincte. « Il ne faut pas confondre l’individu et la personne morale », insiste un juriste basé à Kindu, soulignant que la responsabilité pénale ou civile d’une personne physique ne saurait automatiquement s’étendre à une fondation légalement constituée.
La décision du parquet suscite également des inquiétudes quant à ses répercussions sociales. L’Université Mapon, les établissements scolaires et l’Hôpital Mapon jouent un rôle majeur dans l’accès à l’éducation et aux soins dans la ville de Kindu. Le gel des comptes pourrait affecter le paiement du personnel, le fonctionnement des services et, à terme, la prise en charge des étudiants et des patients.
À ce stade, aucune communication officielle détaillée n’a précisé les fondements juridiques exacts de cette mesure ni sa durée. En attendant, ce dossier s’annonce comme un nouvel épisode dans les tensions persistantes entre l’ancien Premier ministre et certaines instances judiciaires.
L’évolution de cette affaire sera suivie de près, tant pour ses implications politiques que pour son impact direct sur les bénéficiaires des œuvres sociales de la Fondation Mapon.
