À l’occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse célébrée ce 3 mai 2026, l’Alliance Fleuve Congo (AFC) a publié un message au ton ferme dénonçant ce qu’elle qualifie de graves atteintes à la liberté de la presse en République démocratique du Congo. Dans cette déclaration rendue publique à Goma, le mouvement pointe directement la responsabilité du pouvoir central basé à Kinshasa.
Dans son message, l’AFC rappelle que cette journée, instituée en 1993 par l’UNESCO, est une opportunité de réflexion sur le rôle essentiel des journalistes dans la société. Informer, enquêter et révéler la vérité, souligne-t-elle, exigent courage, intégrité et sens élevé du devoir, surtout dans des contextes marqués par l’insécurité et les tensions politiques.
L’organisation insiste sur le fait que la liberté de la presse ne saurait être considérée comme un privilège accordé aux médias, mais plutôt comme un droit fondamental et inaliénable des citoyens à accéder à une information fiable et indépendante.
Cependant, l’AFC affirme que ce droit est aujourd’hui « gravement bafoué » par le régime en place. Elle dénonce notamment des restrictions imposées aux journalistes, en particulier ceux couvrant les événements dans l’Est du pays, où la diffusion de certaines informations serait interdite sous peine de sanctions sévères.
Selon le document, plusieurs professionnels des médias seraient victimes d’intimidations, de menaces, voire de poursuites arbitraires. Certains seraient contraints au silence, empêchés d’exercer librement leur métier dans un climat de peur et de répression.
L’AFC accuse également les autorités de Kinshasa d’entretenir un environnement hostile à la liberté d’expression, où l’information indépendante est perçue comme une menace à neutraliser. Elle évoque une stratégie visant à contrôler le narratif public à travers des pressions politiques et des mécanismes de désinformation.
Dans ce contexte, la presse congolaise évoluerait sous le poids combiné de la propagande, de la désinformation organisée et d’une polarisation croissante du débat public. Une situation que l’organisation juge préoccupante pour l’avenir démocratique du pays.
Face à cette réalité, l’AFC condamne « avec la plus grande fermeté » les pratiques qu’elle qualifie d’inacceptables à l’encontre des journalistes. Elle appelle au respect strict des principes garantissant une information libre, pluraliste et crédible.
À l’inverse, le mouvement affirme que dans les zones qu’il considère comme « libérées », les journalistes exerceraient leur métier dans des conditions plus sereines, caractérisées par la responsabilité et le professionnalisme.
Ce message s’inscrit dans un contexte national marqué par des tensions politiques et sécuritaires persistantes, notamment dans l’Est de la RDC, où la question de la liberté de la presse reste étroitement liée aux enjeux de gouvernance et de stabilité.
En cette journée symbolique, l’AFC appelle ainsi à une prise de conscience collective sur la nécessité de protéger les journalistes et de garantir leur sécurité, condition essentielle au bon fonctionnement de toute démocratie.
Enfin, l’organisation réaffirme son attachement à une presse libre et indépendante, considérée comme un pilier incontournable pour l’émergence d’un État de droit en République démocratique du Congo.
