Dans un entretien accordé à actu26.com, Henry Magie wa Lifetu, conseiller politique de l’Alliance Fleuve Congo (AFC/M23), revient sur la prise d’Uvira le 08 décembre dernier et répond aux accusations de certains partisans du pouvoir, qui affirment que la ville serait tombée « sans combat ». Une version que le mouvement armé rejette fermement, tout en défendant la légitimité de son offensive.

« Dire qu’Uvira est tombée sans combats est faux »

Depuis la chute d’Uvira, l’un des principaux centres urbains du Sud-Kivu, des voix proches du pouvoir assurent que la ville aurait été abandonnée par les FARDC sans résistance. Une lecture que conteste vivement Henry Magie wa Lifetu.

« Certains prétendent que la ville est tombée sans combats. C’est totalement faux », affirme-t-il. Selon lui, la situation militaire s’était dégradée bien avant l’assaut final, notamment à la suite de frappes de drones attribuées aux FARDC contre des zones habitées dans les hauts plateaux. L’AFC dit avoir alerté sur ces bombardements — sans que Kinshasa n’en modère l’intensité.

Une offensive déclenchée le 1ᵉʳ décembre

Face à ce qu’il décrit comme une escalade, le mouvement rebelle affirme avoir lancé son offensive le 01 décembre 2025 dans la ville stratégique de Kamanyola, poste avancé des FARDC sur la frontière rwandaise et burundaise.

Pendant trois jours, du 01 au 04 décembre, les combats y auraient atteint une intensité comparable à ceux observés lors des affrontements autour de Goma. L’AFC revendique ensuite la prise de la localité, entraînant le repli des forces loyalistes vers Luvungi, où se trouvait un état-major chargé de la défense d’Uvira.

Du 06 au 08 décembre : combats aux portes d’Uvira

Après Kamanyola, l’opération se serait poursuivie en direction d’Uvira. Henry Magie wa Lifetu affirme que du 06 au 07 décembre, les troupes de l’AFC ont affronté des éléments burundais venus en soutien aux FARDC. Selon lui, ces derniers auraient abandonné leurs positions à la suite de fortes pertes un point que Bujumbura n’a pour l’instant ni confirmé ni commenté publiquement.

Les unités de l’Armée révolutionnaire congolaise (ARC), branche armée de l’AFC, auraient ensuite ciblé les positions des forces coalisées FARDC–FDLR–FDNB ainsi que des milices Wazalendo présentes dans la zone. L’AFC affirme également avoir saisi un arsenal comparable à celui récupéré à Goma plus tôt dans l’année.

L’offensive s’est conclue par la prise d’Uvira le 8 décembre, où le mouvement dit désormais assurer la sécurité. Là encore, aucune source indépendante n’a pour l’heure pu confirmer l’ensemble des détails opérationnels avancés par l’AFC.

« Le conflit congolais est interne, il ne concerne pas le Burundi »

Interrogé sur l’implication présumée de soldats burundais, Henry Magie assure que l’AFC ne nourrit aucune hostilité envers Bujumbura.

« Le problème du Congo est un problème interne, congolo-congolais. Il ne concerne pas le Burundi », insiste-t-il, reprenant la ligne officielle du mouvement, déjà exprimée par plusieurs de ses dirigeants.

Pour l’AFC, la porte du dialogue reste ouverte

Malgré les opérations militaires en cours et l’extension de son contrôle territorial, l’AFC se dit prête à une sortie négociée du conflit. Le conseiller politique réaffirme l’engagement du mouvement envers les accords déjà signés.

« Nous voulons la paix, rien d’autre », assure-t-il, renvoyant Kinshasa à ce qu’il présente comme ses propres obligations : « Le retour à la paix dépend du respect mutuel des engagements », cite-t-il.

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