La rentrée scolaire 2026-2027 a officiellement démarré le mardi 01 septembre dans la province du Haut-Uélé, mais sur le terrain, la reprise est loin de répondre aux attentes des autorités éducatives. Dans plusieurs établissements, les enseignants ont répondu présents, tandis que les élèves se sont fait largement désirer. Une situation qui met en lumière les inquiétudes sanitaires et les difficultés économiques persistantes des familles.

Malgré les appels des autorités à une reprise effective des cours, plusieurs écoles de la province ont enregistré une faible affluence. Le contraste est particulièrement visible entre la présence des enseignants et celle des élèves, donnant à cette rentrée un caractère inhabituellement timide.

À Isiro, au Complexe Scolaire Moderne ACBN, les activités ont néanmoins débuté dans une ambiance relativement organisée. Les autorités scolaires, les enseignants et les élèves présents ont été confiés aux Saintes mains du Seigneur avant le lancement des activités pédagogiques.

La direction de l’établissement assure que toutes les dispositions nécessaires ont été prises pour permettre le déroulement des cours. Elle invite ainsi les parents à envoyer leurs enfants à l’école, tout en mettant en avant le renforcement des mesures de prévention contre la maladie à virus Ebola.

Mais ces assurances ne semblent pas suffire à dissiper les inquiétudes de certaines familles. La peur d’Ebola demeure un facteur important dans la décision de plusieurs parents de garder leurs enfants à domicile, malgré la reprise officielle des enseignements.

Le même scénario est observé au Complexe Scolaire Anoalite, à Mayogo. Les enseignants ont répondu à l’appel du ministère de l’Éducation nationale et Nouvelle Citoyenneté, mais les élèves étaient encore peu nombreux dans les salles de classe.

Les responsables scolaires Fiston Giongo, pour Anoalite, et Georges Madema, pour Mayogo, appellent les parents à libérer leurs enfants. Ils rappellent que l’année scolaire a effectivement commencé et que les établissements sont prêts à accueillir les apprenants.

Au-delà de la question sanitaire, la situation économique des ménages constitue une autre explication à cette faible mobilisation. Pour certaines familles, les dépenses liées à la rentrée scolaire représentent une charge difficile à supporter dans un contexte économique déjà marqué par de nombreuses difficultés.

Cette réalité pose une question plus large aux autorités : comment garantir une rentrée scolaire réellement effective lorsque les enseignants sont présents, mais qu’une partie des élèves reste à la maison faute de moyens ou par crainte pour leur santé ?

La communication autour de la rentrée apparaît dès lors comme un enjeu majeur. Les autorités éducatives devront davantage rassurer les parents sur les mesures de prévention contre Ebola, tout en tenant compte des difficultés économiques qui pourraient empêcher certains enfants de retrouver rapidement le chemin de l’école.

Une rentrée officiellement lancée mais faiblement suivie ne peut être considérée comme une reprise pleinement réussie. Elle traduit plutôt le décalage entre les décisions administratives et les réalités vécues quotidiennement par les familles du Haut-Uélé.

Pour éviter que cette situation ne s’installe, les autorités provinciales et éducatives sont appelées à renforcer la sensibilisation, à rassurer les parents et à rechercher des réponses aux difficultés qui empêchent certains enfants de reprendre normalement les cours. La réussite de l’année scolaire dépendra aussi de leur capacité à répondre concrètement à ces préoccupations.

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