Le bras de fer judiciaire entre la MIBA SA et son actionnaire minoritaire ASA Resource Group connaît un nouveau tournant.

Saisi de plusieurs requêtes introduites par ASA, le Tribunal de commerce de Kinshasa/Gombe a rendu, le 25 août, plusieurs décisions portant notamment sur la contestation du processus de recapitalisation de la société minière.

ASA sollicitait notamment la suspension de l’opération ainsi que l’annulation de plusieurs résolutions adoptées par l’Assemblée Générale extraordinaire du 6 février 2026, le Conseil d’administration du 2 mars 2026 et le bulletin de souscription établi le 27 juillet 2026.

La défense de la MIBA avait contesté au préalable la qualité juridique d’ASA à agir dans ces procédures.

Selon les éléments communiqués à l’issue des audiences, le Tribunal a estimé que la requérante ne justifiait pas, dans les dossiers concernés, des conditions nécessaires pour agir en justice.

Ces décisions interviennent à la veille d’une échéance déterminante :

la clôture, le 27 août, du processus de souscription à l’augmentation du capital, opération jugée essentielle à la recapitalisation et à la relance industrielle de la MIBA.

Assainir avant de reconstruire

Depuis sa nomination à la Presidence du Conseil d’Administration par le Chef de l’État, Jean-Charles Okoto Lolakombe entend honorer une mission aussi prestigieuse que lourde de responsabilités :
redresser la MIBA.

Homme aguerri, il défend une ligne claire fondée sur la vérité, la transparence et la protection des intérêts de l’entreprise et de ses travailleurs.

Cette orientation le place au cœur des tensions autour de la gouvernance actuelle.

Sept administrateurs sur neuf contestent la gestion du Directeur Generale André Kabanda et réclament, auprès du Chef de l’État et du Ministre de tutelle, un audit ainsi qu’une enquête approfondie, notamment sur des décaissements de plusieurs millions de dollars qui auraient été effectués sans autorisation du Conseil d’Administration.

Pour le Conseil, le principe est simple : pas de relance durable sans assainissement de la gouvernance.

L’objectif n’est pas seulement de recapitaliser la MIBA, mais de restaurer la confiance, d’établir les responsabilités et de créer les conditions d’une véritable reconstruction industrielle.

Deux échéances se dessinent désormais.

Après la clôture des souscriptions le 27 août, le Conseil d’Administration doit se réunir à nouveau le 3 septembre.

La recapitalisation, la gouvernance de la société et la situation d’ASA seront au centre des discussions.

L’enjeu dépasse désormais le seul contentieux entre actionnaires.

Fleuron historique du patrimoine minier congolais, la MIBA se trouve à un moment charnière de son histoire.

Pour son Conseil d’Administration, la feuille de route tient en quatre mots : assainir, clarifier, recapitaliser, relancer.

Reste désormais à espérer que cette détermination, soutenue par la volonté du Chef de l’État, permettra au Conseil d’Administration d’aller au bout de sa mission : redonner à la MIBA les moyens de renaître de ses cendres, de retrouver sa puissance industrielle et de rayonner à nouveau au cœur du patrimoine minier congolais.

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