Le défenseur des droits humains Anicet Katsuva s’interroge sur ce qu’il considère comme une différence de traitement entre les violences attribuées aux ADF et celles imputées à l’AFC-M23. Il dénonce une mobilisation politique et diplomatique qu’il juge beaucoup plus importante contre le second groupe, alors que les attaques des ADF continuent de faire des victimes parmi les civils.

Pour Anicet Katsuva, défenseur des droits humains, la recrudescence des crimes attribués aux rebelles des ADF pose de sérieuses questions sur la manière dont le gouvernement congolais appréhende les différentes menaces sécuritaires auxquelles font face les populations civiles.

Dans une déclaration, il estime que les ADF sont devenus « plus cruels et plus meurtriers que l’AFC-M23 », tout en déplorant ce qu’il qualifie de « silence » des autorités congolaises face aux violences attribuées à ce groupe armé.

Le défenseur des droits humains compare notamment la réaction des autorités face aux ADF à celle observée lorsqu’il s’agit de l’AFC-M23. Selon lui, les accusations visant ce dernier suscitent régulièrement des réactions politiques, des prises de position publiques, des initiatives diplomatiques et une forte médiatisation.

« Pourquoi une telle différence de traitement face à des violences qui portent, dans les deux cas, atteinte au droit à la vie, à l’intégrité physique et à la sécurité des populations civiles ? », s’interroge Anicet Katsuva.

Il estime que la protection des civils ne devrait pourtant pas dépendre de l’identité du groupe armé responsable des violences. Pour lui, toute victime d’une violation grave des droits humains devrait bénéficier de la même attention et de la même protection de la part de l’État.

Anicet Katsuva relève également l’absence, selon lui, d’une mobilisation comparable autour des crimes attribués aux ADF. Il cite notamment les appels au recrutement militaire et les différentes campagnes de mobilisation observées dans le contexte de la guerre contre l’AFC-M23.

Cette situation, poursuit-il, pourrait donner l’impression que certaines violences sont davantage visibles ou politiquement condamnées que d’autres. Une perception qu’il juge préoccupante dans un pays confronté depuis plusieurs années à une multiplication des groupes armés et des attaques contre les populations civiles.

Le défenseur des droits humains appelle ainsi à s’interroger sur les motivations de cette différence de mobilisation. « Pourquoi une telle mobilisation politique, médiatique et diplomatique contre l’AFC-M23, alors qu’une mobilisation comparable ne semble pas se manifester avec la même vigueur face aux crimes attribués aux ADF ? », questionne-t-il.

Anicet Katsuva soulève également l’hypothèse selon laquelle la perception politique des menaces pourrait influencer la réponse des autorités. Il se demande notamment si l’AFC-M23 ne ferait pas l’objet d’une attention particulière parce qu’il représenterait une menace plus directe pour le pouvoir politique.

Une telle logique, si elle était avérée, serait particulièrement préoccupante, estime-t-il. La mission première de l’État devrait, selon lui, rester la protection de la vie, de la dignité et de la sécurité de tous les citoyens, indépendamment de l’identité ou des motivations politiques supposées des groupes armés.

Dans cette perspective, le défenseur des droits humains appelle à une réponse sécuritaire et politique fondée avant tout sur la gravité des violations commises et sur la nécessité de protéger les populations civiles. Pour lui, aucune victime ne devrait être considérée comme moins importante en raison de l’identité de ses bourreaux.

Alors que les violences attribuées aux ADF continuent d’être signalées dans plusieurs zones de l’est de la RDC, Anicet Katsuva estime enfin que la réponse des autorités devrait être évaluée à l’aune d’un principe essentiel : la protection du droit à la vie ne peut être soumise à une hiérarchie politique des victimes.

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