Les consultations menées à Lubumbashi par Raphaël Katebe Katoto continuent de susciter de vives réactions. Invité d’un Space X organisé par le journaliste Magloire Valentino Mwembo, l’avocat Me Hervé Diakiese Kyungu a livré une analyse particulièrement critique de cette initiative. Il estime que la mission confiée au patriarche katangais dépasse le simple cadre d’une collecte des doléances et soulève des interrogations sur ses motivations politiques.

Pour Me Hervé Diakiese, la première incohérence réside dans le contexte même de ces consultations. Il rappelle que, quelques jours auparavant, le ministre de l’Intérieur avait affirmé devant le Conseil des ministres que « l’état d’esprit de la population est au calme sur l’ensemble du territoire national ». Dès lors, l’avocat s’interroge sur les raisons qui auraient conduit les autorités à diligenter une mission exclusivement consacrée au Katanga.

« Pourquoi le Katanga est-il le seul espace concerné par ces consultations, alors que le gouvernement affirme que l’état d’esprit de la population est au calme sur l’ensemble du territoire ? »

Me hervé Diakiese

Selon lui, dans un État de droit, le chef de l’État dispose déjà de nombreux instruments institutionnels lui permettant d’être informé de la situation réelle du pays. Les élus, les administrations territoriales, les services de renseignement, les gouverneurs de province ou encore les organisations de la société civile sont, à ses yeux, autant de relais capables de faire remonter les préoccupations des populations sans qu’il soit nécessaire de constituer une mission spécifique.

Au-delà de cette contradiction qu’il croit déceler, Me Hervé Diakiese dresse un tableau particulièrement préoccupant de la situation au Katanga. Il évoque ce qu’il présente comme une succession d’arrestations d’officiers de l’armée, de détentions prolongées sans jugement, de transferts systématiques de personnes vers Kinshasa et de restrictions des droits de la défense.

L’avocat cite également plusieurs cas qu’il estime emblématiques, notamment celui de Raphaël Mututa, qu’il affirme avoir été transféré vers une destination inconnue, ainsi que celui du pasteur Ngoy Mulunda, dont il évoque le transfert présumé depuis la Zambie et l’absence de nouvelles à son sujet. Ces éléments sont présentés par Me Hervé Diakiese comme illustrant une réalité que les autorités nationales ne peuvent ignorer.

Pour l’avocat, cette situation rend d’autant plus difficile à comprendre le recours à Raphaël Katebe Katoto comme intermédiaire chargé de recueillir les préoccupations de la population katangaise.

« Quelle est donc la réalité du Katanga que le président ignorerait au point d’envoyer Mzee Raphaël Katebe Katoto s’enquérir de ces questions, alors qu’il ne vit plus au Katanga ? »

Me HERVÉ Diakiese

Le porte-parole de Moïse Katumbi estime, par ailleurs, que le président Félix Tshisekedi est déjà suffisamment informé de la situation dans cette région. Il rappelle que la maison civile du chef de l’État est implantée au Katanga et souligne que des membres de sa famille sont actifs dans le secteur minier, deux éléments qui, selon lui, permettent au pouvoir d’avoir une connaissance directe des réalités locales.

L’avocat va plus loin en développant une hypothèse politique autour de cette initiative. À ses yeux, les consultations ne répondraient pas uniquement à une volonté d’écoute des populations.

« Pour moi, il y avait une autre mission déguisée »

Me hervé diakiese

Me Hervé Diakiese estime que cette démarche pourrait relever d’une stratégie politique plus large. Selon lui, le pouvoir chercherait à convaincre certaines personnalités influentes du Katanga afin d’exercer une influence sur l’opinion dans cette région. Il relie cette analyse aux débats récurrents sur une éventuelle révision de la Constitution, sujet qui alimente depuis plusieurs mois les discussions politiques en République démocratique du Congo.

Tout au long de son intervention, l’avocat a ainsi défendu l’idée que les consultations de Raphaël Katebe Katoto ne peuvent être analysées indépendamment du contexte politique national. Selon lui, elles soulèvent des interrogations sur leurs véritables objectifs et sur la stratégie poursuivie par le pouvoir.

Ces déclarations, formulées lors du Space X organisé par Magloire Valentino Mwembo , illustrent les lectures contrastées que suscite cette initiative. Pour certains, ces consultations relèvent d’une démarche d’écoute et d’apaisement. Pour Me Hervé Diakiese, elles méritent au contraire d’être examinées à la lumière du contexte politique actuel et des interrogations qu’elles soulèvent quant à leur finalité.

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