La Coalition Article 64 (C64) pour la défense de l’ordre constitutionnel hausse le ton après le sit-in du 12 juin 2026 organisé à Kinshasa contre le projet de loi référendaire. Dans un rapport de situation, la plateforme de l’opposition dénonce une « répression brutale » et appelle à l’ouverture d’une enquête transparente et indépendante par les instances internationales afin de faire toute la lumière sur les violences dénoncées.
La manifestation, annoncée devant le Palais du Peuple, avait été organisée par la C64 pour protester contre le projet de loi relatif au référendum constitutionnel. Plusieurs partis de l’opposition, dont l’ECiDé, l’Alliance pour le Changement (A.Ch), Ensemble pour la République, l’ENVOL et le LGD, avaient soutenu cette mobilisation.
Dans son rapport, la C64 affirme que ses militants, ses responsables politiques et les participants au sit-in ont été pris pour cible lors de la dispersion de la manifestation. La coalition met en cause la Police nationale congolaise (PNC) et accuse également la « Force du progrès », structure proche de l’UDPS, d’avoir participé aux violences. Ces accusations ont également été relayées par plusieurs médias congolais, notamment après les déclarations de responsables de l’opposition dénonçant des violences et des arrestations.
La plateforme politique avance un bilan lourd : 334 blessés graves, 218 blessés légers, 27 personnes portées disparues, 29 arrestations et deux décès. Elle affirme que des manifestants ont été victimes de violences impliquant des armes, des machettes, des barres de fer et des actes de brutalité.
La C64 accuse également les forces de sécurité d’avoir procédé à des enlèvements de corps afin, selon elle, de dissimuler les preuves des violences. Elle demande ainsi une enquête internationale indépendante pour identifier les auteurs, établir les responsabilités et permettre aux victimes d’obtenir vérité et justice.
Au-delà du bilan humain, la coalition dénonce aussi des attaques contre plusieurs sièges de partis politiques de l’opposition. Elle cite notamment le saccage du siège de l’ECiDé, parti de Martin Fayulu, ainsi que des dégâts signalés du côté de l’Alliance pour le Changement de Jean-Marc Kabund. Des responsables politiques ont affirmé que des locaux de partis avaient été pris pour cible au cours des événements.
Le parti ECiDé a été particulièrement touché selon les dénonciations de ses responsables, qui ont évoqué une attaque contre son siège. L’Alliance pour le Changement a également accusé des éléments de la police et des membres de la « Force du progrès » d’avoir envahi et endommagé ses installations.
Dans sa réaction officielle, la C64 accuse le régime de Félix Tshisekedi de vouloir, à travers le débat sur la réforme constitutionnelle, porter atteinte aux équilibres institutionnels et ouvrir la voie à une remise en cause de l’alternance politique. La coalition réaffirme son engagement à défendre l’ordre constitutionnel et appelle la population congolaise à rester mobilisée.
Les événements du 12 juin ont provoqué une forte polémique politique en RDC. Le gouvernement a, de son côté, reconnu des incidents et indiqué que des vérifications seraient menées par les services compétents afin d’établir les faits.
Face à cette crise, la C64 maintient sa pression et annonce poursuivre ses actions citoyennes, avec une grande marche nationale prévue le 8 juillet 2026. La coalition affirme vouloir obtenir des réponses sur les violences dénoncées et empêcher toute modification de l’ordre constitutionnel qu’elle juge contraire aux intérêts du peuple congolais.
