La situation sécuritaire dans le territoire de Mambasa, en province de l’Ituri, connaît une nouvelle dégradation après une attaque particulièrement violente attribuée aux rebelles des ADF dans la localité de Bafwakoa. Ce drame ravive les inquiétudes des populations locales et met en lumière les défis persistants auxquels font face les autorités dans la stabilisation de cette zone.
Selon un communiqué officiel des FARDC publié le 2 avril à Bunia, le bilan provisoire fait état de 43 civils tués, 44 maisons incendiées, ainsi que d’importants dégâts matériels, notamment un camion-benne et cinq motos endommagées.
L’attaque a ciblé la localité de Bafwakoa, située dans la chefferie des Babila-Babombi, en territoire de Mambasa.
Face à cette situation, l’armée congolaise annonce un renforcement de sa présence militaire dans cette zone stratégique, avec pour objectif de sécuriser les populations et prévenir de nouvelles incursions.
Un bilan controversé
Cependant, ce bilan officiel est loin de faire l’unanimité. Plusieurs sources locales, dont des acteurs de la société civile et des défenseurs des droits humains, avancent un nombre de victimes plus élevé, évoquant près d’une cinquantaine de morts, voire davantage.
Ces divergences s’expliquent notamment par le contexte chaotique ayant suivi l’attaque, qui rend difficile un comptage précis des victimes. Des témoignages font également état de corps abandonnés le long de la route, ainsi que de nombreuses habitations réduites en cendres.
Une insécurité persistante sur la RN4
L’attaque de Bafwakoa, localité située sur la route nationale numéro 4 (RN4), illustre une fois de plus la vulnérabilité des populations civiles face aux violences armées dans cette région de l’est de la RDC.
Depuis plusieurs années, les ADF multiplient les attaques meurtrières contre les civils, malgré les opérations militaires conjointes menées par les FARDC et l’armée ougandaise (UPDF).
Entre colère et appels à l’action
Au sein de la population, la colère gronde face à ce qui est perçu comme une insuffisance de protection. Certains dénoncent un manque de coordination entre les forces engagées dans la lutte contre les groupes armés, tandis que d’autres appellent à des mesures urgentes pour garantir la sécurité des civils.
Cette nouvelle tragédie relance ainsi le débat sur l’efficacité des stratégies sécuritaires déployées dans l’est du pays, où les populations continuent de payer un lourd tribut aux violences armées.
Alors que les autorités annoncent un renforcement militaire, une interrogation persiste :
ces mesures suffiront-elles à enrayer durablement l’insécurité dans cette région meurtrie ?
