À Kinshasa, face à la presse ce jour, Delly Sesanga a livré une déclaration structurée et critique sur la gouvernance actuelle, la situation institutionnelle et les perspectives démocratiques en République démocratique du Congo.
Une mise au point sur la Constitution et le pouvoir
D’entrée de jeu, l’opposant a rappelé les principes fondamentaux de l’ordre républicain :
« Soyons clairs, aucun pouvoir n’est au-dessus de la Constitution. Aucun dirigeant n’a un droit divin sur ce pays. »
Pour lui, toute tentative de modification de la Constitution visant à prolonger ou personnaliser le pouvoir constituerait une rupture grave avec les fondements de la République :
« Installer un pouvoir personnel, c’est une remise en cause du pacte républicain. »
Il qualifie ces dérives potentielles de « ligne rouge », évoquant même une « haute trahison » dans l’hypothèse d’un tel scénario.
Bilan critique de la gouvernance actuelle
Revenant sur les années de pouvoir du président Félix Tshisekedi, Delly Sesanga dresse un constat sévère :
« Huit ans d’une alternance sans changement réel, sans solution pour le peuple, sans réponse à la souffrance nationale. »
Il évoque une période marquée par l’absence de progrès tangible pour la population, dénonçant « huit ans d’épreuves » et « d’abandon ».
Justice et lutte contre la corruption : des inquiétudes
L’opposant s’est également exprimé sur la création d’un tribunal pénal économique et financier, initiée par le pouvoir en place. S’il affirme ne pas être opposé à la lutte contre la corruption, il met en garde contre les risques d’instrumentalisation :
« Le risque de voir se multiplier des poursuites sélectives, des procédures expéditives et des accusations utilisées comme instruments politiques. »
Il pointe un problème plus profond :
« Ce n’est pas l’absence de juridiction spécialisée, mais l’absence de volonté politique. »
Selon lui, la justice doit rester une garantie pour tous, et non un outil de pression.
Une gestion économique sous pression
Delly Sesanga critique également l’évolution des finances publiques, notamment l’augmentation de la masse salariale :
« Elle est passée de 450 milliards à 1300 milliards par mois. »
Il y voit le symptôme d’un clientélisme croissant :
« Une explosion du clientélisme d’État, avec la multiplication des postes au profit des proches du pouvoir. »
Élections de 2028 : appel au respect du calendrier
Sur le plan institutionnel, il insiste sur la nécessité de respecter le calendrier électoral fixé par la Commission électorale nationale indépendante :
« La feuille de route doit être mise en œuvre sans délai. »
Il met en garde contre toute tentative de report :
« La guerre ne doit pas devenir un prétexte pour retarder les élections de 2028. »
Guerre à l’Est : exigence de transparence
Abordant la situation sécuritaire, notamment à l’Est du pays, Delly Sesanga appelle à plus de clarté sur l’utilisation des ressources :
« Où sont passés tous ces moyens engagés dans la défense ? »
Il évoque la possibilité d’intérêts économiques liés au conflit :
« La situation pourrait bien cacher un business de la guerre. Le peuple a le droit de savoir. »
Une position sur l’alternance démocratique
Enfin, l’opposant conclut en réaffirmant sa vision de la transition politique :
« Ce que le pouvoir doit négocier, ce ne sont pas les conditions de son maintien, mais celles d’une sortie pacifique en 2028. »
Il rejette toute idée de prolongation de mandat, appelant à une alternance conforme à la Constitutionnelle.
