L’Alliance des Forces Démocratiques du Congo et Alliés (AFDC-A) est montée au créneau pour défendre son autorité morale, le sénateur Modeste Bahati Lukwebo, au cœur d’une vive polémique après ses récentes déclarations sur la question de la révision constitutionnelle.

Dans un communiqué signé ce mardi 10 mars 2026 à Kinshasa par son secrétaire général Guy-Richard Malongo, le regroupement politique exprime sa « vive indignation » face à ce qu’il qualifie de campagne d’intoxication, de désinformation et de dénigrement visant le deuxième vice-président du Sénat.

Selon l’AFDC-A, ces attaques seraient orchestrées à travers les médias traditionnels et les réseaux sociaux par « des ennemis de la République », avec pour objectif de ternir l’image du professeur Modeste Bahati Lukwebo, à la suite de sa sortie médiatique du 4 mars dernier.

Une déclaration « sortie de son contexte »

Le parti rappelle que la conférence de presse organisée par Bahati Lukwebo portait essentiellement sur trois sujets :

  • la dénonciation d’une cabale impliquant certaines officines, le directeur général de la société BRALIMA et le cabinet d’avocats Liedekerke autour de l’acquisition de la succursale de Bralima Bukavu auprès de la société néerlandaise Heineken ;
  • le soutien à l’accord de Washington ainsi qu’aux initiatives diplomatiques en faveur de la paix, saluant les efforts du président Félix Tshisekedi ;
  • la nécessité d’un cessez-le-feu et la mise en œuvre de la résolution 2773 des Nations unies face au risque de balkanisation de la RDC.

L’AFDC-A affirme que la controverse actuelle découle d’une réponse donnée par Bahati Lukwebo à une question jugée « hors sujet » sur la modification de la Constitution.

Selon le regroupement politique, le sénateur aurait simplement expliqué qu’il fallait « d’abord changer les mentalités avant de changer la Constitution », estimant que le véritable problème en République démocratique du Congo réside davantage dans l’application des textes que dans leur contenu.

Pour l’AFDC-A, cette déclaration aurait été « mal comprise » et sortie de son contexte par certains acteurs politiques et médiatiques.

Des pressions dénoncées

Dans son communiqué, le regroupement politique dénonce également ce qu’il considère comme des pressions, des cabales et des menaces visant ses élus et ses cadres.

L’AFDC-A évoque notamment des accusations portées contre Bahati Lukwebo auprès des services de sécurité, alors que, selon le parti, l’ancien président du Sénat ferait lui-même face à une situation difficile dans l’est du pays, où ses biens auraient été emportés ou confisqués par les rebelles de l’AFC/M23 et certains de ses proches tués.

Loyauté réaffirmée à l’Union sacrée

Malgré ces tensions, l’AFDC-A réaffirme son appartenance à l’Union sacrée de la Nation, la plateforme politique au pouvoir.

Le regroupement assure également de sa « loyauté indéfectible » au président de la République, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, tout en réitérant son engagement en faveur de l’unité nationale, de la défense des intérêts de la RDC et de la recherche d’une paix durable sur l’ensemble du territoire.

Cette mise au point intervient dans un contexte politique marqué par de vives réactions au sein de la majorité présidentielle après les propos attribués à Bahati Lukwebo sur la question sensible de la révision constitutionnelle, un débat qui continue de diviser la classe politique congolaise.

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