Alors que le débat sur une éventuelle révision de la Constitution continue de diviser la classe politique congolaise, Modeste Bahati Lukwebo, deuxième vice-président, du sénat, a pris ses distances avec cette initiative portée par plusieurs figures du pouvoir. Lors d’un échange avec la presse mercredi 04 mars 2026, l’ancien président du Sénat a affiché une position critique à l’égard de ceux qui plaident pour une modification de la Loi fondamentale.

Sans citer directement le chef de l’État, Bahati Lukwebo a clairement rejeté l’argument selon lequel la Constitution actuelle serait devenue obsolète dix-sept ans après sa promulgation. Selon lui, ce raisonnement ne repose sur aucun fondement sérieux.

« Il ne faut pas être hypocrite. Quand on aime son chef, on lui dit la vérité », a-t-il lancé, dans une déclaration qui sonne comme un recadrage à l’endroit de certains acteurs politiques engagés dans la promotion d’une révision constitutionnelle.

Pour le leader de l’AFDC-A et membre de l’union sacrée, le problème du pays ne se situe pas dans les textes, mais dans la manière dont ils sont appliqués. « Le pays n’a pas un problème de lois, mais un problème d’hommes chargés de les respecter et de les appliquer », a-t-il insisté.

Modeste Bahati Lukwebo s’est également interrogé sur le revirement de certains responsables politiques qu’il considère comme les « géniteurs » de la Constitution, aujourd’hui favorables à sa modification. Une posture qu’il juge difficilement compréhensible pour ceux qui étaient censés en être les premiers garants.

Cette prise de position tranche avec la ligne défendue ces derniers mois par le président Félix Tshisekedi, qui avait publiquement estimé que la Constitution congolaise, selon lui « rédigée par des étrangers », devrait être révisée.

En rejetant l’idée d’un changement constitutionnel et en rappelant que le mandat présidentiel court constitutionnellement jusqu’en 2028, Bahati Lukwebo se démarque ainsi d’une partie du camp présidentiel. Une sortie qui met en lumière les tensions croissantes au sein de l’Union sacrée autour de la volonté du pouvoir de rouvrir le débat constitutionnel.

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