Le Front Démocratique Africain (FDA) a réagi à la prise de position de la Conférence Épiscopale Nationale du Congo (CENCO) sur la question du changement constitutionnel et des débats autour d’un éventuel troisième mandat présidentiel en République démocratique du Congo.
Dans une déclaration rendue publique ce jour, Albert Mukulubundu, porte-parole du FDA, a salué « la cohérence et la constance » de la position exprimée par la CENCO à l’issue de son Assemblée extraordinaire tenue du 18 au 20 juin 2026 à Kinshasa.
Pour cette formation politique, la sortie des évêques catholiques constitue un signal important dans le contexte politique actuel du pays. Le FDA estime que l’Église catholique, à travers la CENCO, reste fidèle à son rôle historique dans la défense de la démocratie, de la justice et de l’État de droit en RDC.
« Cette prise de position démontre clairement que la CENCO se démarque de certaines officines religieuses et des églises instrumentalisées, aujourd’hui mises au service du régime de Félix Tshisekedi », a déclaré Albert Mukulubundu.
Le porte-parole du FDA considère ainsi que la position des évêques vient renforcer les inquiétudes exprimées par plusieurs acteurs politiques et de la société civile sur les velléités de modification de la Constitution. Pour le parti, toute initiative pouvant ouvrir la voie à une prolongation du pouvoir présidentiel doit être examinée avec une grande prudence afin de préserver les acquis démocratiques.
Dans un ton particulièrement critique envers le pouvoir en place, le FDA appelle le président Félix Tshisekedi à se concentrer davantage sur la gestion du pays plutôt que sur les attaques contre ses adversaires politiques.
« Au lieu de multiplier les attaques verbales et les insultes contre l’ancien Président Joseph Kabila, Félix Tshisekedi devrait plutôt se préparer à quitter le pouvoir », affirme Albert Mukulubundu.
Le FDA va plus loin en estimant que les autorités actuelles devront répondre devant la justice pour les accusations que cette formation politique porte contre elles. Le parti évoque notamment des « crimes et violations graves » qu’il attribue aux deux mandats du chef de l’État et cite également certains responsables proches du pouvoir.
Ces accusations, formulées par le FDA, s’inscrivent dans une confrontation politique plus large entre les soutiens du régime actuel et ses opposants. Le parti affirme défendre une alternance démocratique et accuse le pouvoir de vouloir affaiblir les institutions de contrôle.
Cette déclaration s’aligne, selon le FDA, sur la position de la plateforme politique Sauvons la RDC, dont il est membre. Cette structure continue de dénoncer ce qu’elle qualifie de « dérive autoritaire » et appelle à une mobilisation pour la défense des principes démocratiques.
Au-delà de la polémique politique immédiate, le FDA rappelle également le poids historique de la CENCO dans la vie publique congolaise. L’organisation religieuse a souvent joué un rôle majeur dans les moments clés de l’histoire récente du pays, notamment lors des processus électoraux et des crises institutionnelles.
Pour Albert Mukulubundu et son parti, la déclaration des évêques représente donc un rappel des valeurs fondamentales qui doivent guider la gouvernance en RDC : respect de la Constitution, limitation du pouvoir et recherche d’un consensus national.
Le débat autour de la Constitution et de l’avenir politique du pays reste ainsi au centre des tensions entre majorité et opposition. La position de la CENCO continue de susciter des réactions diverses, confirmant son influence dans le paysage politique et social congolais.
