L’ancien vice-Premier ministre des Transports, José Makila Sumanda, affirme que le projet de construction de l’aéroport de Kolwezi a été initié sous son mandat, bien avant son exécution sous le régime du président Félix Tshisekedi. Invité de l’émission Décrypta, il est revenu sur la genèse de cette infrastructure stratégique située dans la province du Lualaba.

Selon José Makila, les premières démarches ayant conduit à la réalisation de l’aéroport remontent à la période où il dirigeait le ministère des Transports. Il explique que le projet lui avait été présenté par l’ancien gouverneur du Lualaba, Richard Muyej, dans le cadre des efforts visant à renforcer les infrastructures de transport dans cette province à forte vocation minière.

« L’aéroport de Kolwezi a commencé sous mon mandat. Le gouverneur Richard Muyej est venu me voir avec le projet et nous avons enclenché toute la procédure », a-t-il déclaré au cours de l’émission.

Pour l’ancien membre du gouvernement, les étapes essentielles du projet, notamment les démarches administratives et les mécanismes de financement, avaient déjà été mises en place avant le changement de pouvoir intervenu en 2019. Il soutient que l’idée de doter Kolwezi d’une infrastructure aéroportuaire moderne répondait à la croissance économique de la région et à l’augmentation des activités minières.

José Makila insiste également sur le mode de financement retenu à l’époque. Selon lui, les opérateurs miniers présents dans le Lualaba s’étaient engagés à soutenir financièrement le projet, permettant ainsi d’éviter une charge supplémentaire pour le Trésor public.

« Les miniers étaient prêts à financer cet aéroport. L’État n’a déboursé aucun dollar », a-t-il affirmé.

À travers cette déclaration, l’ancien vice-Premier ministre cherche à rappeler le rôle joué par son équipe dans la conception du projet et dans la mobilisation des partenaires susceptibles de contribuer à sa réalisation. Il estime que l’histoire de cette infrastructure ne peut être comprise sans tenir compte du travail effectué en amont par les autorités de l’époque.

Les propos de José Makila interviennent alors que l’aéroport de Kolwezi est souvent cité parmi les réalisations majeures enregistrées ces dernières années dans le secteur des infrastructures de transport en République démocratique du Congo. Pour l’ancien ministre, cette perception occulte une partie importante du processus ayant permis au projet d’aboutir.

Toutefois, loin de remettre en cause l’action des autorités actuelles, José Makila affirme reconnaître le principe de continuité de l’État. Il considère que les grands projets publics traversent généralement plusieurs mandats politiques avant leur concrétisation effective.

« Nous avons travaillé pour l’État. Le reste relève de la continuité de l’action publique », a-t-il souligné.

Cette prise de position relance le débat sur l’attribution des grandes réalisations publiques en RDC. Entre la conception d’un projet, la mobilisation des financements, le lancement des travaux et l’inauguration des infrastructures, plusieurs acteurs institutionnels interviennent souvent à différentes étapes.

À travers son intervention dans Décrypta, José Makila entend ainsi rappeler que le projet de l’aéroport de Kolwezi trouve ses origines dans les initiatives engagées sous son passage au ministère des Transports. Pour lui, la réalisation finale de cette infrastructure illustre avant tout la continuité de l’action publique, au-delà des alternances politiques et des changements de gouvernance.

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