La polémique enfle en République démocratique du Congo après les déclarations de Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo prononcées à Houston, aux États-Unis, à l’occasion d’une rencontre avec la diaspora congolaise, peu après le match nul des Léopards face au Portugal. La réaction ne s’est pas fait attendre dans les rangs de l’opposition. Le Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD) Diaspora a dénoncé ce qu’il qualifie de « dérive dangereuse » et d’attaque personnelle contre l’ancien président Joseph Kabila Kabange.
Dans une déclaration rendue publique ce jeudi 18 juin 2026, la coordination du PPRD Diaspora condamne avec la plus grande fermeté les propos tenus par le Chef de l’État contre son prédécesseur. Pour cette structure politique, ces déclarations ne relèvent plus du simple débat contradictoire entre adversaires politiques, mais traduisent une volonté d’humilier un ancien Chef de l’État et d’entretenir une confrontation permanente.
Le parti proche de Joseph Kabila critique notamment le choix de la tribune utilisée par Félix Tshisekedi. Selon lui, un événement sportif censé rassembler les Congolais autour d’un moment de fierté nationale aurait été transformé en espace de règlement de comptes politiques.
« Nous dénonçons le cynisme consistant à détourner une plateforme sportive, moment normalement consacré à la communion nationale, à la fierté collective et à l’unité du peuple congolais pour proférer des attaques contre un ancien Président de la République », estime le PPRD Diaspora.
Dans sa déclaration, la formation politique rappelle le rôle de Joseph Kabila dans l’histoire récente de la RDC. Le parti cite notamment la réunification du pays après plusieurs années de crises, l’adoption de la Constitution du 18 février 2006, l’organisation des premières élections pluralistes ainsi que la première alternance pacifique du pouvoir intervenue en 2019.
Pour le PPRD Diaspora, s’en prendre à l’ancien président reviendrait à s’attaquer à une partie de l’histoire institutionnelle du pays et aux millions de Congolais qui continuent de considérer Joseph Kabila comme un acteur important de la trajectoire politique nationale.
La réaction du PPRD porte également sur la fonction présidentielle elle-même. Selon cette formation, Félix Tshisekedi, en tant que Chef de l’État, devrait être le garant de l’unité nationale et adopter une posture de rassemblement plutôt que celle d’un acteur partisan.
« Le Président de la République est censé représenter la Nation. En s’attaquant publiquement à son prédécesseur, il ne parlerait plus comme un Chef d’État mais comme un responsable politique engagé dans une logique de confrontation », dénonce le PPRD Diaspora.
La structure politique va jusqu’à dénoncer un « atavisme troublant » dans le langage politique congolais. Elle établit un parallèle entre certaines pratiques historiques de dénigrement des adversaires et les attaques actuelles visant Joseph Kabila.
Pour le PPRD Diaspora, cette manière de réduire l’adversaire politique à travers des propos jugés humiliants constitue une stratégie dangereuse qui pourrait contribuer à banaliser la violence politique et la persécution des opposants.
« Le Congo a trop payé le prix de ces méthodes indignes pour les voir revenir sous une autre forme », affirme la déclaration.
Au-delà de cette controverse verbale, le PPRD accuse le pouvoir en place de chercher à détourner l’attention des difficultés auxquelles le pays fait face. Le parti évoque notamment la persistance de l’insécurité dans l’Est, les tensions politiques, la répression des manifestations de l’opposition ainsi que les inquiétudes autour de l’avenir démocratique du pays.
Selon cette formation, l’affrontement verbal contre Joseph Kabila servirait à masquer les échecs du gouvernement sur les plans sécuritaire, social et institutionnel.
Le PPRD Diaspora réaffirme par ailleurs son attachement à l’article 64 de la Constitution, qui appelle tout Congolais à faire échec à toute tentative de prise ou de conservation du pouvoir en violation des principes constitutionnels. Une référence qui intervient dans un contexte marqué par les débats autour d’une possible modification de la Constitution.
La structure conclut en affirmant que Joseph Kabila ne serait pas effacé par des attaques politiques et que le PPRD ne se laisserait pas intimider. Pour elle, le véritable adversaire du pays ne serait pas une personnalité politique, mais plutôt toute dérive susceptible de fragiliser l’État de droit.
Cette nouvelle passe d’armes entre le camp Tshisekedi et l’ancien régime de Joseph Kabila illustre une fois de plus la forte polarisation de la scène politique congolaise, alors que les débats sur les institutions et l’avenir du pays continuent de dominer l’actualité nationale.
