Au moins 29 détenus ont perdu la vie au cours du premier trimestre de l’année 2026 dans les prisons de Beni et Butembo, au Nord-Kivu. C’est ce que révèle le Réseau pour les droits de l’homme (REDHO), qui alerte sur une situation carcérale de plus en plus préoccupante dans cette partie de la République démocratique du Congo.
Dans le détail, la prison de Kangbayi à Beni enregistre à elle seule 20 décès, tandis que celle de Kakwangura à Butembo en compte 9. Ces chiffres traduisent une détérioration des conditions de détention dans ces établissements pénitentiaires déjà fragilisés.
Selon le REDHO, plusieurs facteurs sont à l’origine de cette hécatombe. Le surpeuplement des prisons figure en tête des causes évoquées, avec une population carcérale largement au-dessus des capacités d’accueil des infrastructures existantes.
À cela s’ajoute la malnutrition, qui affecte de nombreux détenus vivant dans des conditions précaires, sans accès suffisant à une alimentation adéquate. Cette situation fragilise davantage leur état de santé et augmente les risques de mortalité.
Le Réseau pointe également la lenteur judiciaire comme un problème majeur. Plus de 3 300 détenus sont actuellement recensés dans ces prisons, dont une grande majorité n’a pas encore été jugée, prolongeant ainsi leur détention dans des conditions difficiles.
Face à cette situation, les défenseurs des droits humains appellent les autorités compétentes à prendre des mesures urgentes pour désengorger les prisons, améliorer les conditions de vie des détenus et accélérer les procédures judiciaires.
Le REDHO insiste enfin sur la nécessité de réformes structurelles du système pénitentiaire afin de prévenir de nouvelles pertes en vies humaines et garantir le respect des droits fondamentaux des personnes privées de liberté.
