Alors que le débat autour d’un éventuel troisième mandat présidentiel continue d’agiter la scène politique congolaise, Prince Epenge, cadre de la coalition Lamuka, accuse le pouvoir de chercher à mobiliser des artistes pour influencer l’opinion publique.
Dans une sortie au ton particulièrement critique, l’opposant estime que l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), parti du président Félix Tshisekedi, serait « en manque d’arguments politiques » et tenterait désormais de s’appuyer sur des musiciens et des comédiens pour défendre l’idée d’un troisième mandat.
Dans sa déclaration, Prince Epenge s’en prend notamment au chanteur de rumba Koffi Olomidé, qu’il accuse de vouloir donner des leçons au peuple congolais malgré certaines prises de position passées jugées controversées.
L’opposant évoque notamment la polémique suscitée par le projet de concert que l’artiste envisageait de tenir à Kigali, au Rwanda, alors que les relations entre Kinshasa et Kigali sont régulièrement marquées par de fortes tensions liées à la situation sécuritaire dans l’est de la République démocratique du Congo.
« Comment quelqu’un qui voulait se produire à Kigali en pleine guerre d’agression peut-il aujourd’hui prétendre donner des leçons au peuple congolais ? », s’interroge Prince Epenge.
Dans la même sortie, il rappelle également un épisode souvent évoqué par certains critiques du pouvoir : la visite du président rwandais Paul Kagame à Kinshasa en mai 2019, à l’invitation du président Félix Tshisekedi, lors de laquelle ce dernier avait été reçu dans la commune de la Gombe.
Pour Prince Epenge, l’implication d’artistes dans les débats politiques n’est pas un phénomène nouveau en RDC. Il estime que certaines figures culturelles ont déjà soutenu par le passé les initiatives politiques du pouvoir.
« Autant certains artistes avaient accompagné le projet de troisième mandat de Joseph Kabila, autant il n’est pas surprenant de les voir aujourd’hui soutenir celui de Félix Tshisekedi », affirme-t-il.
L’opposant établit également une comparaison avec d’autres figures de la musique africaine qui, selon lui, ont choisi une posture différente face aux débats constitutionnels sur le continent. Il cite notamment le cas du chanteur sénégalais Youssou N’Dour, qui s’était opposé publiquement à l’idée d’un troisième mandat pour le président Macky Sall.
Pour Prince Epenge, la question dépasse la simple expression d’opinion des artistes. Elle renvoie, selon lui, à une stratégie politique visant à influencer l’opinion dans un pays où les musiciens disposent d’une forte capacité de mobilisation populaire.
Du côté du pouvoir, toute intention de modifier la Constitution pour permettre un troisième mandat continue d’être officiellement démentie. Mais dans les rangs de l’opposition, la méfiance demeure et les prises de position publiques d’artistes proches du pouvoir sont désormais scrutées de près.
Dans un pays où la musique occupe une place centrale dans la vie sociale et politique, la frontière entre influence culturelle et engagement politique reste plus que jamais au cœur du débat.

C’est très dangereux lorsqu’un artiste, une célébrité prend position face au débat politique.
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