À quatre jours de la rentrée scolaire 2026-2027, prévue le 1er septembre, le climat se tend dans la province éducationnelle Kwilu 2. À Kikwit, les enseignants du primaire et du secondaire menacent de ne pas reprendre les cours si leurs principales revendications ne sont pas satisfaites. Au cœur de leur colère : la rémunération, les arriérés de salaires et la situation des enseignants non pris en charge par l’État.

La décision a été prise dimanche 23 août 2026, lors d’une assemblée générale de l’intersyndicale de Kwilu 2 à Kikwit. Les professionnels de l’enseignement ont annoncé qu’ils ne prendraient pas le chemin de l’école le 1er septembre, dénonçant le non-respect, selon eux, des engagements pris par l’État pour améliorer leurs conditions sociales et professionnelles.

La menace intervient alors que le gouvernement cherche à garantir une rentrée sans perturbations. Mais sur le terrain, les enseignants estiment que les annonces ne suffisent plus. Ils réclament des réponses concrètes sur leurs salaires et leur statut.

Le salaire d’août au centre de la tension

L’une des principales inquiétudes concerne le paiement du salaire du mois d’août. À l’approche de la rentrée, les enseignants veulent s’assurer que leur rémunération sera effectivement disponible.

Cette revendication intervient dans un contexte où le paiement des agents de l’État fait encore l’objet d’un suivi particulier. Le 24 août, le Comité de suivi de la paie a demandé aux banques et aux opérateurs de paiement d’accélérer le versement des salaires d’août, en accordant une attention particulière aux enseignants avant la rentrée. Le CSP indiquait alors que les enveloppes destinées à la paie étaient progressivement mises à la disposition des opérateurs et que des mesures avaient été prises pour accélérer le processus.

Cette situation donne une dimension particulière à la menace des enseignants de Kikwit. À quelques jours du retour des élèves, la question n’est donc pas seulement de savoir si l’État a prévu les fonds nécessaires, mais si les enseignants pourront effectivement disposer de leur salaire à temps.

Une revendication salariale qui dépasse le mois d’août

Le conflit ne se limite toutefois pas au calendrier de paiement. L’intersyndicale de Kwilu 2 demande également une revalorisation substantielle des salaires.

Les enseignants souhaitent voir leur rémunération portée entre 800 000 et 1 500 000 francs congolais, selon leurs revendications rapportées à l’issue de leur assemblée générale. Ils réclament également la prise en charge des nouvelles unités et des enseignants non payés, ainsi que la régularisation de certains arriérés de salaires.

Autre point de friction : la prise en charge de certains enseignants par les parents. Les syndicalistes demandent la fin de cette pratique, qu’ils considèrent comme incompatible avec l’objectif d’amélioration des conditions d’enseignement.

Leur message est donc plus large : ils ne demandent pas seulement que les salaires soient versés à temps. Ils réclament une amélioration durable de leur situation professionnelle.

Des engagements qui peinent encore à convaincre

Le gouvernement peut pourtant mettre en avant plusieurs mesures prises ces derniers mois. Le 12 août 2026, la Direction nationale de contrôle, de préparation de la paie et de maîtrise des effectifs des enseignants et du personnel administratif (DINACOPE) avait annoncé la régularisation de 23 675 enseignants sous-payés au titre de la prime de gratuité. Elle indiquait également que 621 enseignants avaient commencé à percevoir cette prime.

Ces chiffres témoignent d’un effort d’assainissement du système de paie. Mais ils ne suffisent manifestement pas à régler toutes les difficultés rencontrées par les enseignants.

À Kikwit, la colère actuelle rappelle ainsi que la question salariale demeure un dossier social sensible. Les autorités doivent non seulement corriger les irrégularités de paiement, mais aussi convaincre les enseignants que les engagements pris sur leurs conditions de vie seront effectivement respectés.

Le 1er septembre comme premier test

Le compte à rebours est désormais engagé. Le 1er septembre 2026, les élèves sont attendus dans les établissements scolaires pour le début de la nouvelle année académique. Mais à Kikwit, une partie des enseignants menace de ne pas reprendre les cours.

Le risque est donc celui d’une rentrée perturbée dans une province où les revendications sociales des enseignants sont loin d’être nouvelles.

La balle est désormais dans le camp des autorités. Le paiement effectif du salaire d’août pourrait permettre de désamorcer une partie de la tension, mais il ne réglera pas à lui seul les revendications portant sur la revalorisation salariale, les nouvelles unités, les enseignants non payés et la prise en charge par les parents.

À quatre jours de la rentrée, Kikwit offre ainsi un aperçu d’un problème plus profond : celui d’un système éducatif qui veut garantir la présence des élèves en classe, mais qui doit encore convaincre ses enseignants que leurs propres conditions de travail constituent une priorité.

Le véritable test ne sera donc pas seulement l’ouverture officielle des écoles le 1er septembre. Il sera de savoir si les enseignants, eux aussi, seront au rendez-vous — et dans quelles conditions.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *