À 4 heures du matin, Goma a été réveillée par le bruit des drones et des explosions.
Un quartier résidentiel a été bombardé. Pas une position militaire. Pas une ligne de front. Un quartier où vivent des civils, des humanitaires et des personnels internationaux.
Le premier drone est tombé dans le lac. Le second a frappé un complexe résidentiel où logent notamment des agents travaillant pour l’Union européenne et les Nations unies.
À quelques mètres seulement se trouvent la résidence de M. Pascal, ressortissant belge et responsable de Toyota à Goma, ainsi que celle d’Olive Lembe Kabila, ancienne Première dame.
Le bilan est tragique : Karine Buisset, humanitaire française travaillant pour l’UNICEF, a perdu la vie.
Une humanitaire morte dans une frappe de drone au cœur d’un quartier civil.
Selon plusieurs sources concordantes sur le terrain, ces frappes auraient été menées par des drones des FARDC. La proximité immédiate des impacts avec les résidences de personnalités politiques alimente une hypothèse lourde de conséquences : la cible aurait été l’ancien président de la République, Joseph Kabila, ainsi que Corneille Nangaa.
Si cela devait être confirmé, nous serions face à une tentative de frappe ciblée menée en pleine zone civile, au mépris total de la sécurité des habitants, des diplomates et des humanitaires.
Et pourtant, le silence est frappant.
Aucune exigence forte d’enquête internationale. Aucune pression publique immédiate pour établir les responsabilités.
À Paris, Emmanuel Macron n’a pas publiquement exigé d’investigation indépendante malgré la mort d’une humanitaire française.
À Bruxelles, Maxime Prévot et Hadja Lahbib ne semblent pas davantage réclamer que toute la lumière soit faite sur cette attaque, qui a pourtant visé un quartier où résident des ressortissants européens et des agents internationaux.
Cette retenue interroge.
Quand une humanitaire meurt dans une frappe de drone au cœur d’un quartier civil, la première réaction devrait être simple : exiger la vérité.
Qui a lancé ces drones ? Qui était réellement visé ? Qui portera la responsabilité de la mort de Karine Buisset ?
Le silence diplomatique ne peut pas remplacer la justice.
La mort d’une humanitaire ne peut pas être reléguée à une note de bas de page dans la guerre de l’Est de la RDC.
Elle exige des réponses. Elle exige une enquête indépendante. Et surtout, elle exige que les responsables rendent des comptes.
