Après plusieurs semaines de coupures du réseau téléphonique à Rutshuru, la situation prend une tournure politique et sécuritaire. Le gouvernement congolais accuse le réseau rwandais MTN Group d’avoir illégalement étendu son signal à Rutshuru ainsi que dans certaines zones de Goma, en violation des lois de la République démocratique du Congo.

Lors d’une réunion tenue mardi 10 février, la Première ministre Judith Suminwa a donné des instructions fermes au ministre des Postes, Télécommunications et Numérique, au président de l’Autorité de régulation de la poste et des télécommunications du Congo (ARPTC), ainsi qu’aux responsables des opérateurs Airtel, Orange et Vodacom. Elle a exigé une prise en charge technique immédiate du dossier, la saisine des instances internationales compétentes et l’application d’une politique de tolérance zéro face à toute atteinte à la souveraineté numérique du pays.

Dans un communiqué rendu public mercredi 11 février, l’ARPTC a dénoncé l’utilisation illégale de fréquences congolaises par un réseau étranger. L’autorité de régulation qualifie ces pratiques de grave violation du cadre légal en vigueur et de menace pour l’intégrité du système national des télécommunications.

De son côté, le gouvernement affirme que l’activité du réseau rwandais MTN Group constitue une violation caractérisée de la législation congolaise et expose ses responsables à de lourdes poursuites judiciaires.

Cette évolution intervient dans un contexte particulièrement tendu. Depuis plusieurs semaines, les habitants de Rutshuru sont privés du réseau des opérateurs congolais, une situation qui paralyse les communications et freine les activités économiques locales. En l’absence de couverture mobile, de nombreux citoyens se tournent vers des points Wi-Fi payants, déboursant environ 500 francs congolais pour une heure de connexion et jusqu’à 3 000 francs congolais pour une journée, un coût significatif pour des ménages déjà fragilisés par l’insécurité et la précarité économique, selon un habitant contacté par Actu26.com.

Pour plusieurs observateurs, l’apparition d’un réseau étranger au moment même où les réseaux nationaux sont indisponibles soulève de sérieuses interrogations. Certains y voient un enchaînement troublant qui alimente les soupçons d’une interruption volontaire et pose la question des responsabilités locales.

L’affaire, désormais portée au plus haut niveau de l’État, pourrait avoir des répercussions diplomatiques et sécuritaires dans un contexte régional déjà sensible.

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