À l’heure où le président Félix Tshisekedi évoque la tenue d’un dialogue intercongolais, une frange de la société civile sort du silence et fixe ses lignes rouges.

Dans une déclaration rendue publique mardi 10 février, plusieurs organisations citoyennes rejettent toute initiative qui ne serait pas pleinement inclusive et indépendante.

Un dialogue inclusif ou pas de dialogue

Les signataires sont catégoriques : « Un dialogue national qui exclut certains Congolais n’en est pas un. »Ils dénoncent les « conditions restrictives » qu’ils attribuent au chef de l’État, estimant qu’un processus sélectif s’apparenterait davantage à un monologue qu’à une véritable concertation nationale.

Selon eux, écarter des acteurs fragilise la cohésion nationale et prive toute démarche de sa légitimité.Pour ces organisations, la paix ne peut être imposée par décret. Elle doit, disent-elles, se bâtir dans l’écoute mutuelle, la sincérité et la participation de toutes les parties prenantes.

La question de la neutralité au cœur des préoccupations

Autre exigence majeure : la garantie d’un cadre impartial. La société civile plaide pour l’implication d’acteurs crédibles et reconnus, notamment l’ECC, la CENCO, l’Union africaine, ainsi que d’autres partenaires disposant d’une expertise avérée en matière de dialogues nationaux.

Un processus placé sous le contrôle exclusif des institutions de l’État, préviennent-elles, risquerait d’inspirer la méfiance et d’aboutir à des conclusions contestées par les parties non associées.

Un cadre sécurisé et reconnu

Pour assurer la crédibilité de l’initiative, les organisations appellent à un environnement sûr, transparent et reconnu au niveau international. Elles estiment que chaque Congolais doit pouvoir participer librement aux échanges et contribuer à l’élaboration de solutions durables face aux crises sécuritaires, politiques et sociales que traverse le pays.

Les organisations signatairesLa déclaration est portée notamment par le Collectif Citoyen Congo 2060, l’AJDDH, le Mouvement citoyen Patriotisme Oblige, le Mouvement Citoyen EKOKI, le Mouvement Citoyen LUCHA et ALERTE-RDC.

Par cette prise de position, la société civile entend rappeler que la réussite d’un dialogue intercongolais dépendra avant tout de son inclusivité, de sa neutralité et de la confiance qu’il saura susciter au sein de la nation.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *