L’Afrique du Sud amorce un retrait qui marque la fin d’une présence de près de trois décennies au sein de l’une des plus longues missions de maintien de la paix des Nations unies. Pretoria a officiellement notifié à l’ONU sa décision de retirer progressivement ses troupes de la Mission de l’Organisation des Nations unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO), une annonce qui, au-delà de son caractère administratif, traduit l’évolution des priorités sécuritaires et budgétaires sud-africaines.

Selon la présidence sud-africaine, le chef de l’État Cyril Ramaphosa a informé le secrétaire général des Nations unies, António Guterres, du désengagement progressif des soldats sud-africains, actuellement au nombre de plus de 700. L’Afrique du Sud figure parmi les dix principaux pays contributeurs de troupes à la MONUSCO, une opération qu’elle soutient depuis près de 27 ans.

Une présence historique en voie de s’achever

Cette annonce marque la fin d’une implication militaire entamée à la fin des années 1990, lors des premières opérations onusiennes en RDC. Depuis, le mandat de la mission a évolué, passant d’une logique de stabilisation post-conflit à une posture plus robuste, axée sur la protection des civils, du personnel humanitaire et des défenseurs des droits humains, dans un contexte de violences persistantes, notamment dans l’est du pays.

Le retrait sud-africain s’inscrit dans une dynamique plus large de réduction progressive de la présence onusienne en RDC, alors que les autorités congolaises plaident depuis plusieurs années pour le départ de la MONUSCO, jugée de moins en moins efficace face à l’insécurité.

Contraintes budgétaires et redéploiement stratégique

À Pretoria, la décision est officiellement justifiée par des considérations internes. La présidence évoque la nécessité de « consolider et réaligner » les ressources limitées de la Force de défense nationale sud-africaine (SANDF), confrontée à d’importantes contraintes budgétaires et opérationnelles.

Le désengagement devrait se faire en étroite coordination avec les Nations unies, selon un calendrier qui s’étendrait jusqu’à la fin de l’année 2026. Une transition progressive, destinée à éviter tout vide sécuritaire dans les zones où les troupes sud-africaines sont actuellement déployées.

Pretoria veut préserver son rôle diplomatique

Malgré ce retrait militaire, le président Cyril Ramaphosa a tenu à souligner que l’Afrique du Sud restait engagée dans les efforts de paix en RDC. Il a salué les remerciements adressés par António Guterres pour la contribution sud-africaine, tout en réaffirmant la volonté de Pretoria de maintenir des relations bilatérales « solides » avec Kinshasa.

L’Afrique du Sud entend également poursuivre son soutien aux initiatives multilatérales, notamment celles de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC), de l’Union africaine et des Nations unies, en faveur d’une solution durable au conflit dans l’est congolais.

Si ce retrait est d’abord motivé par des impératifs internes, il relance néanmoins le débat sur l’avenir de la MONUSCO et sur la capacité des forces régionales et nationales à prendre progressivement le relais dans un contexte sécuritaire toujours fragile.

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