L’opposant politique Jean-Marc Kabund a livré un réquisitoire sévère contre le régime du président Félix Tshisekedi, qu’il accuse de conduire la République démocratique du Congo vers une impasse politique, sociale et sécuritaire. S’exprimant devant les membres de la Coalition de la Gauche Congolaise (CGC), il a dénoncé une gouvernance qu’il juge marquée par l’improvisation, la corruption et l’effondrement progressif de l’autorité de l’État.
Selon lui, le pays traverse une crise profonde et multidimensionnelle, caractérisée par une pauvreté endémique, un chômage massif des jeunes, le sous-emploi, la cherté de la vie et l’abandon progressif des populations par les pouvoirs publics. Jean-Marc Kabund pointe également la dégradation avancée des infrastructures, notamment routières et énergétiques, qu’il considère comme un frein majeur au développement et à l’intégration nationale.
Sur le plan de la gouvernance, l’ancien président intérimaire de l’UDPS accuse le régime en place d’avoir banalisé la corruption, le détournement des deniers publics, le népotisme et l’impunité, au point d’en faire, selon lui, de véritables modes de gestion de l’État. Il critique aussi l’instrumentalisation du discours identitaire et du tribalisme, qu’il estime utilisés pour masquer l’échec du pouvoir.
La situation sécuritaire occupe une place centrale dans sa dénonciation. Jean-Marc Kabund évoque la persistance des violences dans les provinces du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et de l’Ituri, ainsi que l’extension inquiétante de l’insécurité dans d’autres régions du pays, notamment dans le Grand Bandundu et à la périphérie de Kinshasa avec le phénomène Mobondo. Pour lui, cette insécurité est le symptôme direct de l’injustice sociale, du désespoir populaire et de la déliquescence de l’État.
Face à cette crise nationale, le leader de la CGC rejette toute approche unilatérale du dialogue politique. Il accuse le pouvoir de vouloir imposer un « monologue politique » en choisissant seul ses interlocuteurs et en fixant arbitrairement les règles du jeu. Jean-Marc Kabund affirme que la paix ne peut résulter ni de la contrainte ni de l’exclusion, mais uniquement d’un dialogue véritablement inclusif, équilibré et légitime.
Il conditionne toute participation de son camp à ce dialogue à des préalables clairs, notamment la libération des prisonniers politiques et d’opinion, la fin des arrestations arbitraires, le retour des exilés politiques, la liberté de mouvement pour les opposants et la réouverture de l’espace public. À cela s’ajoutent, selon lui, le respect strict de la Constitution, de la souveraineté nationale et de l’intégrité territoriale.
Jean-Marc Kabund met enfin en garde contre une crise politique majeure à l’horizon 2028 si la situation sécuritaire actuelle n’est pas rapidement résolue, redoutant une incapacité à organiser des élections crédibles dans les délais constitutionnels. Pour l’opposant, le véritable problème du Congo n’est pas l’idée du dialogue en soi, mais l’incapacité chronique de la classe politique au pouvoir à tirer les leçons du passé et à bâtir un État fort, juste et protecteur.
