En territoire de Beni, dans le Nord-Kivu, le secteur nord du Parc National des Virunga est frappé par une exploitation anarchique de ses ressources naturelles. Depuis plusieurs mois, la déforestation y progresse à un rythme alarmant, mettant en danger l’un des joyaux écologiques de la République démocratique du Congo, inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO.
Abattage d’arbres pour la fabrication de planches, production de braise et bois de chauffe : ces pratiques sont devenues quasi quotidiennes dans les zones riveraines du parc. Cette situation traduit non seulement l’érosion de l’autorité de l’État, mais aussi l’indifférence face à la protection de l’environnement, pourtant vitale pour les générations présentes et futures.
Face à cette menace croissante, l’Institut Congolais pour la Conservation de la Nature (ICCN) tire la sonnette d’alarme et passe à l’action.
« La destruction de la biodiversité dans cette zone prend des proportions inquiétantes. Il est impératif et urgent que l’ICCN intervienne pour sauver ce patrimoine », alerte Bienvenu Bwende, chargé de communication de l’institution.
Pour freiner cette hémorragie écologique, l’ICCN a lancé une opération de répression ciblant les auteurs de la coupe illégale de bois dans le parc. L’objectif est de faire cesser le vacarme des tronçonneuses, devenu le symbole d’une nature agressée dans la vallée de la Semiliki.
« Il est impératif de décourager ces actes répréhensibles et de rétablir l’autorité de l’État dans les aires protégées. Cette opération vise à faire taire les bruits des tronçonneuses déjà alarmants », insiste le porte-parole de l’ICCN.
Les premiers résultats de cette opération sont déjà tangibles. Ce mercredi 28 janvier, des véhicules et motos transportant bois scié, bois de chauffe et braise ont été interceptés sur l’axe Beni–Kasindi, en provenance directe des zones protégées, révélant l’ampleur d’un trafic bien installé, au détriment de l’environnement.
L’ICCN rappelle que l’article 25 de la loi n°14 sur la conservation de la nature interdit formellement, dans les aires protégées, la carbonisation, la coupe de bois ainsi que toute activité agricole. La mise en œuvre stricte de ces dispositions légales apparaît aujourd’hui comme une urgence écologique.
Au-delà des arrestations, cette situation soulève la question de la responsabilité collective dans la protection des Virunga. Laisser mourir la biodiversité, c’est compromettre l’avenir écologique, économique et humain de toute une région.
