La décision est tombée comme un couperet. Par un communiqué dont une copie est parvenue à la rédaction d’Actu26.com, mardi 27 janvier 2026, la mairie de Lubumbashi (Haut-Katanga) a interdit, jusqu’à nouvel ordre, toute marche, manifestation, rassemblement ou meeting sur l’ensemble de la ville. Une mesure radicale, prise sans justification détaillée, qui soulève de sérieuses inquiétudes quant au respect des libertés fondamentales.

Officiellement, l’interdiction est motivée par des raisons d’ordre public, de sécurité et de préservation de la tranquillité publique. Mais aucun élément concret, aucune menace précise, aucun contexte exceptionnel n’a été présenté pour soutenir une restriction aussi large et aussi indéfinie. Le motif avancé apparaît flou, voire insuffisant, au regard des droits constitutionnels garantis aux citoyens.

En suspendant l’espace public, les autorités urbaines donnent le sentiment de sanctionner préventivement toute une population, comme si celle-ci n’avait que des obligations à subir, sans droits à exercer. Le droit de manifester pacifiquement, le droit de se rassembler et la liberté d’expression collective se retrouvent ainsi mis entre parenthèses, sans débat, ni délai, ni mécanisme de recours clairement annoncé.

La mesure va plus loin encore : les bourgmestres, les services de sécurité et l’ensemble de l’administration sont instruits de veiller à l’exécution stricte du communiqué. Toute infraction est passible de poursuites judiciaires et de sanctions prévues par la loi. La dissuasion prend le pas sur le dialogue, la contrainte sur l’écoute.

Dans une société démocratique, l’ordre public ne saurait être invoqué comme un argument passe-partout pour museler la rue. La sécurité ne peut justifier la négation systématique des libertés, encore moins leur suspension indéfinie. En l’absence de menace avérée, cette décision ressemble davantage à une restriction abusive de l’espace civique qu’à une mesure proportionnée.

À Lubumbashi, la rue est réduite au silence. Et derrière cette interdiction générale, une question demeure : peut-on préserver l’ordre public en niant les droits du peuple censé en être le fondement ?

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