La Chaire Congolaise des Droits de l’Homme (CCDH) tire la sonnette d’alarme après l’enlèvement de Monsieur Aubin Minaku Ndjalandjoko, ancien Président de l’Assemblée nationale et Vice-président du Parti du Peuple pour la Reconstruction et la Démocratie (PPRD). Dans un communiqué de presse rendu public ce mardi, 20 janvier consulté par Actu26.com, l’organisation de défense des droits humains dénonce une opération menée en violation flagrante de l’État de droit.
Une opération nocturne musclée et sans mandat
Selon les informations recoupées par la CCDH auprès de la famille et de la cellule de communication du PPRD, les faits se sont produits dans la nuit du dimanche 18 janvier 2026, aux environs de 2 heures du matin, au domicile privé d’Aubin Minaku.
Une centaine d’hommes lourdement armés, dont certains en tenues de la Garde républicaine et d’autres en civil, auraient pris d’assaut la résidence sans présenter le moindre mandat légal ni s’identifier. Les assaillants ont escaladé le mur de la parcelle, neutralisé les agents de sécurité sous la menace des armes et les ont contraints à s’allonger au sol.
Destruction des caméras et effacement des preuves
Toujours selon la CCDH, les caméras de surveillance de la résidence ont été systématiquement détruites, tandis que la base centrale du système d’enregistrement a été emportée, dans ce qui s’apparente à une volonté manifeste d’effacer toute trace de l’opération.
À l’intérieur de la maison, un groupe aurait violemment brisé la fenêtre de la chambre occupée par les enfants, pendant qu’un autre s’introduisait par la cuisine. Face aux bruits et à la violence de l’intervention, Aubin Minaku se serait volontairement présenté afin d’éviter toute escalade.
Il aurait été sommé de s’habiller rapidement avant d’être emmené vers une destination inconnue. Tous les téléphones des membres de la famille ont également été confisqués.
Une détention dénoncée comme illégale
La CCDH condamne avec fermeté le recours à des méthodes non judiciaires pour arrêter, séquestrer et détenir un citoyen congolais, estimant que ces pratiques constituent une violation grave des droits fondamentaux garantis par la Constitution.
L’organisation rappelle que la RDC, en tant que membre non permanent du Conseil de sécurité de l’ONU et membre du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies, ne peut ni cautionner ni tolérer de telles pratiques contraires aux principes fondamentaux de la Charte des Nations Unies.
Un appel pressant aux autorités congolaises
Dans son communiqué, la CCDH souligne que l’enlèvement d’un citoyen sans base légale constitue non seulement une atteinte grave aux droits humains, mais également un désaveu des engagements internationaux librement souscrits par l’État congolais, conformément à l’article 215 de la Constitution.
Les exigences de la CCDH
Au regard de la gravité des faits, la CCDH exige :
La libération immédiate et inconditionnelle de Monsieur Aubin Minaku Ndjalandjoko ;
À défaut, son déferrement sans délai devant son juge naturel, dans le strict respect des procédures légales, si des charges fondées existent contre lui.
La CCDH appelle enfin les autorités compétentes à faire toute la lumière sur cette affaire et à garantir le respect des droits humains et de l’État de droit en République démocratique du Congo.
